Joe DaGrosa : "Nous nous considérons comme des ‘gardiens’ du club"

Joe DaGrosa : "Nous nous considérons comme des ‘gardiens’ du club"

Publié le - Par - Économie

Tandis que des interrogations (ré)apparaissent quant à la surface financière de GACP et de ses acolytes dans leur(s) projet(s) pour les Girondins et dans le football, Joe DaGrosa est convaincu que son entreprise sera - encore - un succès.

Supporters, médias, observateurs... Ils se posent tous - nous nous posons tous - des questions sur l'une des dernières inconnues dans la méthode d'évolution du FC Girondins de Bordeaux sous pavillon US : la capacité financière de General American Capital Partners (GACP), le fonds d'investissement américain ayant racheté, en fédérant les ressources de deux autres fonds, le club au scapulaire.

Si la fameuse somme de 80M€ d'investissement sur 2-3 ans, annoncée à l'été/automne dernier, a été pour le moins nuancée par le président Frédéric Longuépée, le Boss des Marine et Blanc sous pavillon américain, Joseph 'Joe' DaGrosa, ne donne pas non plus de réponse claire. Mais, dans un article/portrait sur sa récente histoire avec les Girondins, le média spécialisé AlphaWeek arrive à lui faire dire certaines choses donnant des indices plus généraux.

Pas sur la somme exacte - encore une fois... -, mais sur la manière de fonctionner de JdG, dont découle le choix de miser sur Bordeaux. On peut aussi mieux évaluer, vu les déclarations de DaGrosa, la façon avec laquelle l'argent sera gé(né)ré, dans le cadre d'un investissement où le New-Yorkais de 54 ans basé entre Miami (Floride) et... Bordeaux - désormais - se prend au jeu, étant LE porteur du projet. Et donc, on l'espère, celui à même de le lire et d'avoir un coup d'avance. Car comme vous pouvez le lire ci-dessous, Joe a une vision très large du business d'ensemble qu'est le football / soccer, dans lequel GACP a aussi mis des billes via le promoteur SoccerEx.

"Nous (GACP) sommes une entreprise opportuniste, en cherchant où investir avant tout le monde, avec des opportunités qui existent en permanence. Nos investissements sont surtout sur des entreprises en faillite ou en quasi-faillites. On doit trouver des business en détresse et comprendre comment les redresser, les restructurer. (...) Je suis toujours en train d'analyser le marché, car c'est bien plus qu'un métier. J'ai commencé à Wall Street à 15 ans, j’ai même commencé à investir dans les actions quand j’avais 10 ans, avec mon papa. Je ne peux pas imaginer faire autre chose, c'est dans mon sang : je suis un investisseur.

(...) Quand vous enlevez vraiment 'la peinture du véhicule', à Bordeaux ou dans les clubs de foot en général, un club est essentiellement une entreprise typique de marché intermédiaire et la plupart des gens seraient surpris du nombre de points communs entre les deux. Le tout pour réussir, en fin de compte, vient du fait d'avoir la bonne équipe de direction, d’analyser l’entreprise de la bonne façon et de s’assurer que votre direction a les moyens de réussir. Et s’il y a des difficultés, il faut définir si elles sont extérieures ou propres au fonctionnement de l’entreprise et de la direction actuelle. Si c'est le deuxième cas, vous devez alors faire les changements appropriés.

(...) Le football, c'est le sport le plus populaire du monde et ça de loin. Il y a des opportunités très intéressantes. Les fans sont extrêmement loyaux et ça offre une protection si le marché tourne mal. Nous étions à la recherche d’une équipe de football en Europe parce que nous avons vu des évaluations assez attractives. Nous étions proches d’investir dans une équipe de Liga (Getafe), mais il n'y a pas eu d'accord. Heureusement pour nous, Bordeaux était disponible, et cette fois-là toutes les conditions ont été remplies.

(...) Bordeaux, j'y suis une semaine par mois. Je suis là pour assister aux matchs afin que les fans puissent voir qu’il y a un propriétaire engagé, ce qui est très important, je pense. Mais en termes d'occupation d'esprit, je ne suis pas dans un 'vide footballistique', je suis toujours en train d'analyser les affaires. (...) Nous nous sommes engagés auprès de la ville et de nos supporters à rester propriétaires du club pendant 5 à 10 ans. Nous nous considérons comme des ‘bienfaiteurs’ du club et nous voulons le laisser en meilleure forme que nous ne l’avons trouvé. La période d'investissement sera de 3 à 5 ans, mais j'aimerais un peu moins, avec une dizaine d'investissements sur 2 ans et demi, c'est à dire 4 par an. Mais, ayant dit ça, nous ne voulons pas nous précipiter dans le déploiement du capital. On veut d'abord être sûr d'avoir bien fait notre propre travail. La beauté du capital-investissement ça réside dans le fait que vous avez le contrôle, mais pas les liquidités. Alors on doit s'assurer que tout aille bien.

(...) Le focus de notre investissement global sera sur le football, incluant les droits télés - certainement une grosse opportunité -, les technologies sportives, l'e-sport, là où nous sentons qu'il aura qu'il y aura d'importantes avancées. SoccerEx et Bordeaux sont des investissements séparés. Le plan, maintenant, n'est pas de les relier, pas au début, mais nous voulons développer du gagnant-gagnant pour tous nos investisseurs dans les différentes entreprises ainsi que pour les nouveaux venus dans les fonds."

Pour Joe DaGrosa, la partie ne fait donc que commencer ! Et, comme c'était déjà le cas pour le groupe médiatique M6 (précédant propriétaire des Girondins), Bordeaux n'est qu'une part de son action. Mais il entend bien en faire un coup gagnant. Un de plus pour lui, qui s'était surtout fait connaître sur les marchés financiers en relançant des franchises... Burger King. De BK au FCGB, le Joe est donc du genre tout terrain dans son approche. En espérant encore se régaler. Et nous régaler ?