Matthieu Rouveyre : "Si les choses ne se passent pas bien, on ne sait pas qui va prendre le relais"

Matthieu Rouveyre : "Si les choses ne se passent pas bien, on ne sait pas qui va prendre le relais"

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Sur le plateau de TV 7, hier soir, en réponse aux arguments développés par Nicolas Florian, le maire-adjoint (Les Républicains) de Bordeaux - ayant confiance en Nicolas de Tavernost/M6, mais aussi en Joseph DaGrosa/GACP et expliquant que toutes les garanties financières sont là pour la ville - ; l'élu bordelais d'opposition, Matthieu Rouveyre, (Parti Socialiste) a répondu en plusieurs points.

Émission complète à voir ICI (durée : 20 minutes)

"Je pense que les élus n'ont pas suffisamment d'informations pour se décider, vendredi. Pour le stade, l'enjeu c'est qu'aujourd'hui la ville de Bordeaux paye et se fait rembourser via le loyer annuel de 3.85M€. Si, demain, les Girondins ne peuvent pas payer, la garantie que nous avons est qu'M6 se substitue au club. Est-ce que cette garantie-là va vraiment être préservée ? Les élus de Bordeaux Métropole vont, notamment, devoir se prononcer sur ça, et à mon avis les documents qu'ils ont ne suffisent pas à éclairer leur vote. (...) Le problème, il est surtout, que le club des Girondins, depuis plusieurs années, est déficitaire. Hors transferts, sur les chiffres qui nous sont parvenus et qui ont été communiqués, c'est 'moins 18 millions d'euros' la saison passée. Et ça, ça dure depuis plusieurs années. Dans l'hypothèse où les choses ne se passent pas bien, on ne sait pas exactement qui va prendre le relais. Et les choses, elles pourraient mal se passer... L'actionnaire repreneur nous dit qu'il met 80 millions sur la table, mais attend évidemment une rentabilité car il envisage de partir d'ici 5 à 10 ans, donc il s'adosse à une structure emprunteuse, un fonds d'investissement spéculatif, qu'il va falloir rembourser. D'ailleurs, on ne sait pas trop si ce sont les Girondins qui empruntent ou bien la société qui les rachète, 'La Dynamie SA', ou le holding... Tout n'est pas clair et les élus ne peuvent pas, à mon avis, être certains du montage. Donc que se passe-t-il dans l'hypothèse où les Girondins ne peuvent pas payer et où les créanciers réclament leur argent ?

(...) Aussi, je crois qu'il n'y aura pas de réinvestissement, car avec les 80 millions d'euros ils vont surtout chercher à faire des économies. Or, on sait que la masse salariale des Girondins c'est 47M€, et il est fort probable qu'ils aillent taper dedans et qu'on ait très rapidement un plan social qui ne dise pas son nom. De toute façon, il y a deux possibilités, soit ils augmentent leurs recettes, soit ils diminuent leurs dépenses, soit ils jouent sur les deux tableaux. Avec 80M€, on voit quand même difficilement comment les repreneurs américains vont faire. Ils se comparent avec le Paris Saint-Germain... Mais ça n'a rien à voir. 80M€ c'est insuffisant pour être crédible. Et un projet à la Monaco ça prend du temps.

(...) On peut être optimiste, mais réclamer des documents. Le business plan, les élus ne l'ont pas, or ce serait important. On a quand même le droit d'émettre des doutes... Je ne vois pas comment, avec seulement 80M€, GACP va réussir l'équation là où M6 n'a pas franchement réussi sur les 20 dernières années. Ils ne nous donnent pas tous les ingrédients, il manque forcément des choses, et je crains que, au-delà de la seule garantie pour le stade... Après, est-ce qu'on ne s'intéresse qu'à la garantie pour le stade ou est-ce qu'on voit aussi que les Girondins de Bordeaux c'est aussi une entreprise de plus de 200 salariés, et aussi la marque 'Bordeaux' ? Ça a du sens, c'est aussi la culture bordelaise. Donc il faut être très attentif.

Moi, je suis plutôt méfiant, mais je ne demande qu'à me tromper. Je pense que là les élus n'ont pas assez d'informations et que, probablement, il aurait été intéressant qu'on puisse entendre Monsieur DaGrosa au moment du vote de vendredi à la Métropole. Il me semble qu'aujourd'hui on n'a pas suffisamment d'éléments et que les indices qu'on nous communique montrent que ces gens, dont GACP, aiment les paradis fiscaux, ou en tout cas les endroits où on peut atténuer la fiscalité et échapper en partie à l'impôt via l'exonération des plus-values et des dividendes en cas de cession, comme le Luxembourg, le Delaware ou les Îles Caïmans. Et tout ça ne nous met pas vraiment en confiance. Mais, là encore, si jamais l'avenir peut nous démentir, on en sera très heureux."

Matthieu Rouveyre : "Si les choses ne se passent pas bien, on ne sait pas qui va prendre le relais"

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