Brest On Air : "Nous disposons du logiciel pour vous battre"

Brest On Air : "Nous disposons du logiciel pour vous battre"

Publié le - Par - Avant-match

À l'approche des deux tiers du championnat (23ème journée sur 38), et avant un Brest - Bordeaux qui peut permettre aux Girondins ; malgré leur nouvelle saison de galère et la très grave crise institutionnelle et identitaire qu'ils traversent ; de rester dans la course à la 5ème place, parole à des supporters... brestois.

Avant le match de la phase aller (2-2, à Bordeaux, J6 de Ligue 1), et via nos partenaires radio de 'Girondins Analyse', nous avions déjà discuté avec Yann de 'Brest On Air'. Quelques mois plus tard, pour le retour, en Bretagne, on retrouve donc l'équipe de ce podcast consacré aux matches et à l'actu du Stade Brestois 29, qui nous donne ses ressentis d'avant rencontre.

Merci à l'équipe de @BrestOnAir (Yann, Quentin et François) et bonne chance à leur club, pour ce match et (surtout) pour la suite !

Quel est ton regard d'ensemble sur le club de Bordeaux en général et sur l’équipe actuelle des Girondins ?

"Personnellement (et j’en parlais justement dans notre épisode du podcast consacré à ce match), j’ai beaucoup de respect pour le club des Girondins. En tant que prof d’histoire, j’accorde beaucoup d’importance au passé et le club de Bordeaux fait, à mon sens, partie intégrante de l’histoire du football français. J’en prends pour preuve son palmarès, ses illustres joueurs - à ce titre j’ai bien aimé l’hommage rendu à Marius Trésor ce dimanche soir - ainsi que ce qu’il représente pour la génération de mon père, notamment. Bordeaux est une place forte du foot français, c’est indiscutable. En outre, je trouve que le club semble mal géré par les investisseurs américains (je ne connais pas le dossier par cœur, mais je lis la presse et je vois les banderoles des Ultramarines, ainsi que les tweets de l’ami @Scipion aha !) et que les supporters semblent pris en otage par King Street et Frédéric Longuépée. Je souhaite au club bordelais de retrouver son indépendance et son prestige.

En ce qui concerne votre équipe actuelle je la trouve solide, mais sans panache. J’aime beaucoup Koscielny, je trouve qu’il s’est bien imposé. Des joueurs comme Basic, De Préville ou Maja sont également intéressants. Pour le reste, je ne vois pas vraiment une ligne directrice claire. En ce qui concerne votre coach, je le trouve très intéressant, j’apprécie ses idées sur le jeu. Je pense que vous avez de la chance d’en avoir un comme ça dans ce contexte."

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Comment tu juges la saison de ton équipe de Brest jusque-là et que peut-elle viser ?

"Je la trouve satisfaisante. En tant que supporter, on espère toujours mieux, mais il est important de se souvenir d’où l'on vient. Nous étions en L2 il y’a quelques mois. Il y a 3 ans, Jean-Marc Furlan reprend l’équipe avec seulement 9 joueurs de champ disponibles à la reprise… 28 points début février, c’est positif, malgré des performances à l’extérieur qui nous restent en travers de la gorge, la dernière en date à Dijon (3-0) samedi. En interne, Grégory Lorenzi, notre directeur sportif, fait du très bon travail et la venue d’Olivier Dall’Oglio comme entraîneur est pertinente. Le club est sur la bonne pente !"

Quels sont, selon toi, les forces, faiblesses et comment tu définirais le style de jeu du Stade Brestois actuel ?

"Cette question est difficile puisque nous avons une équipe à deux visages. À domicile, je te dirai la défense (7 buts encaissés uniquement), alors qu’à l’extérieur on en a pris 23. C’est frustrant. Pour les forces je te dirai donc : Gaëtan Charbonnier en 9 et demi, Irvin Cardona devant et surtout Ibrahima Diallo. Le souci c’est que Diallo ne sera pas là face à Bordeaux. En faiblesses, je pointerai du doigt les coups de pieds arrêtés défensifs, où nous sommes très friables. Il y en a d’autres, mais moins criantes."

Quel est l'état de forme de l'effectif breton (blessés, suspendus, joueurs en forme et méforme) ?

"Notre équipe est très (trop ?) irrégulière. Nous avons pris 6 points sur 9 depuis la reprise, ce qui est plutôt encourageant. Victoires 5-2 à Toulouse et 2-1 face à Amiens, avant le naufrage à Dijon. À domicile nous sommes costauds et n’avons perdu que face à Paris (1-2) en toute fin de match. On se met très souvent au niveau de l’adversaire et nous serons très probablement chiants à jouer. Le dernier match, à Dijon, a généré une vraie colère de Dall’Oglio et on peut donc s’attendre à voir des joueurs revanchards sur le terrain ainsi qu’à un important turn-over dans le 11, surtout que les semaines à 3 matchs nous réussissent peu depuis le début d’année. Nous avons des blessés importants comme Diallo et dans une moindre mesure M’Bock. Haris Belkebla en revanche devrait être de retour et c’est très important, même s’il n’a pas joué depuis le match à Lille le 6 décembre dernier. C’est le poumon du milieu de terrain et l’équipe n’est pas la même avec ou sans lui."

Les bons résultats brestois cette saison contre Bordeaux (2-2 en Gironde, J6 et 2-0 en 1/8ème de Coupe de la Ligue) peuvent-ils influer ?

"Chaque match a sa vérité, mais nous avons peut-être un petit avantage au niveau psychologique puisque nous disposons du logiciel pour vous battre. D’autant plus que nous sommes performants à domicile."

Un mot sur notre joueur bordelais prêté à Brest, Alexandre Mendy ? Ça donne quoi chez vous ?

"C’est un prêt que je qualifierai de « mitigé ». Il a marqué quelques buts mais peine vraiment à trouver sa place. Il est dans le turn-over et est aligné 70% du temps comme titulaire. Je ne suis pas un grand fan du joueur, mais c’est un profil dont nous ne disposions pas, je peux donc comprendre en ce sens son recrutement."

Enfin, un pronostic ?

"En raison des déclarations d’après-Dijon, de l’état de fatigue des deux équipes (je vous ai trouvé émoussés à la fin du match contre l’OM), je penche pour un match made in Ligue 1, à savoir un bon vieux 0-0 des familles."