M. Zagrodzki : "Si on traitait n’importe quel groupe de la population comme l’on traite les ultras..."

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Mathieu Zagrodzki (chercheur en science politique, spécialisé dans la sécurité) a accordé un entretien à Winamax, dans lequel le fan de football qu'il est parle du traitement des supporters de foot français, et surtout des ultras, par l’État.


"Je n’ai jamais vraiment travaillé sur cette thématique en tant que chercheur, mais elle m’intéresse à titre personnel, ne serait-ce que parce que j’ai fréquenté une tribune « bruyante » pendant 16 ans (au Parc des Princes de Paris, NDLR). Comme je le dis toujours, si on traitait n’importe quel groupe de la population comme l’on traite les ultras, avec des interdictions de stade ou de déplacement souvent injustifiées, sans compter la politique tout simplement illégale (ce qui a d’ailleurs été confirmé par la justice) du PSG pendant cinq ans, on aurait eu un scandale médiatique et politique d’envergure. Mais comme les supporters ont été catalogués « abrutis violents » du fait des agissements de certains, il y a une espèce de mandat implicite afin de les réprimer, peu importe les moyens utilisés. Attention, je ne suis pas naïf : évidemment qu’il y a des problèmes et que la répression est nécessaire dans un certain nombre de cas, mais il ne faut pas qu’elle s’exerce indistinctement à l’égard de toute personne revendiquant le droit de manifester bruyamment son soutien à son club.


Le souci est qu’on a des décideurs politiques et une presse qui, pour une large part, ne comprennent rien à la culture des stades, tout simplement parce qu’ils ne s’y sont pas intéressés. Après, les choses sont en train de changer : il y a une génération de jeunes journalistes qui ont fréquenté ce monde, contrairement aux archevêques de la presse sportive, et je n’ai que des échos favorables au sujet du nouveau chef de la DNLH. Espérons que nous soyons pour de bon dans une ère de dialogue où l’on va trouver des solutions très concrètes et constructives pour des questions comme les déplacements, les fumis ou encore les tribunes debout."


M. Zagrodzki : "Si on traitait n’importe quel groupe de la population comme l’on traite les ultras..."

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