Les anecdotes de S. Diawara sur Blanc, Gasset, Deschamps et Henrique

Les anecdotes de S. Diawara sur Blanc, Gasset, Deschamps et Henrique

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Invité de radio VL, la semaine dernière, Souleymane Diawara, ancien défenseur central de Bordeaux puis de Marseille, a raconté masses d'anecdotes, lui qui a toujours une maison en Gironde mais vit dans les Bouches-du-Rhône, où il est actionnaire du club amateur de l'Athlético Marseille.

Sacré tchatcheur, Souley s'est lâché...

"Aux Girondins, j'ai rencontré un coach ; Laurent Blanc, très fort en management et qui m'a beaucoup fait progresser, alors que moi je pensais que je n'allais plus progresser car j'avais 28 ans (rire) ; et un papa : Jean-Louis Gasset. Vous voyez qui c'est Jean-Louis Gasset ?! (rire) Laurent Blanc, il m'a beaucoup parlé et m'appris beaucoup de choses : à défendre plus debout, sans me jeter, relancer loin mais ne plus jeter le ballon. Après, Jean-louis Gasset... Déjà, c'était lui l’entraîneur, c'était lui qui faisait les entraînements. Mais il avait surtout la force de rentrer dans le cerveau de chaque joueur, sachant parler à tout le monde. Quand je suis arrivé à Bordeaux, mon agent Karim Aklil - je lui passe le bonjour s'il écoute (rire) - me dit : ‘Souley, c'est Laurent Blanc là, un des anciens meilleurs défenseurs du monde, donc tu restes tranquille, c'est sérieux’. Moi, j'arrivais de Londres où c’était… (rire). Je me tiens une semaine, deux semaines, trois semaines, puis un mois, deux mois, deux mois et demi. J'étais NUL (rire) ! Là, Jean-Louis Gasset me convoque dans son bureau et me dit, avec sa voix cassée (il l'imite) : ‘Oh papa, qu’est-ce qui se passe dans ta vie ?’ (rire). Je lui dis que j’ai changé, que je ne sors plus, que je ne fais plus la fête, que je dors tout seul (rire). On était jeudi, et à Bordeaux le jeudi c’est soirée étudiante… Il m'a fait découvrir ! Mais je ne savais pas, et j'ai connu ça juste grâce à lui (rire) ! Avant, je ne connaissais pas la ville, car je faisais hôtel - entraînement - hôtel et j'allais juste en ville m'acheter une paire de chaussettes de temps en temps (sourire). Donc Gasset me regarde et me dit (re imitation) : ‘On est jeudi, j’ai entendu que le jeudi c’est soirée étudiante. Demain, je veux te voir mort’. Et il part. Je me dis qu'il se fout de ma gueule. Je lui réponds, en allant le revoir : ‘Jean-Louis, tu es sûr ?’. Il me dit oui et repart. Mais il ne fallait pas me dire ça deux fois (rire).

Donc j'y vais, mais Bordeaux ça bouge, alors j'arrive à l’entrainement le lendemain et je suis K.O... Donc je reste en soins et je mets les bottes de récupération. Jean-Louis arrive, il dit bonjour à tout le monde et moi me saute. Je me dis ‘Oh, je me suis fait niquer’. Puis on mange, tout ça, et je vois qu’il parle à tout le monde, mais il pas à moi. Il ne ma calcule pas. Donc je me dis que ça m’apprendra, connard que je suis, car je me suis fait niquer comme un bleu par son test. Le weekend, on joue le PSG, avec Guillaume Hoarau, Nenê et la grosse équipe ; ils étaient chauds de fou. On gagne 3-0*, avec le but de Gourcuff, quand il fait la roulette, et je marque un but. j'avais pris Guillaume Hoarau, je l'avais mis dans ma poche (rire). Homme du match (rire) ! Et c’est là que je me suis dit... ‘C’est ça ma vie’ (rire) ! Et à la fin du match, Jean-Louis Gasset revient me voir, en marchant, et me dit : ‘Tous les jeudis, je veux te voir mort’. Et il repart. Vous voyez ; c’est pour ça que je dis que j’ai rencontré un entraîneur et un papa. Mais Blanc et Gasset sont très complémentaires...

Si Blanc était proche de nous ? Ah ouais, grave. Il nous parlait trop. Il était tout le temps avec nous : aux repas, dans les vestiaires. Après, la tactique, je pense que... ils en discutaient dans le bureau, mais aux entraînements Laurent Blanc restait sur le côté, comme un manager à l'anglaise, sauf les petits détails comme pour les défenseurs. Là, c'était lui qui s'en occupait. On avait deux causeries en fait. Gasset parlait au début, le matin, pour la vidéo sur l'adversaire ; puis pour la compo d'équipe, avant le match, c'était Laurent Blanc. Et à la mi-temps c'était Blanc qui parlait, bien sûr ! Et à Marseille, même si Didier Deschamps il parlait plus que Laurent Blanc, c'était un peu pareil. J'ai retrouvé les mêmes personnes, car son adjoint Guy Stéphan il est un peu comme Jean-Louis Gasset. Sans vous mentir, j'ai préféré travailler avec les deux, Blanc et Deschamps. Une fois, j'avais dit en interview qu'ils étaient comme des jumeaux, même si Deschamps parlait plus. Mais ils avaient la même manière de travailler et je pense qu'ils ont été élevés à la même école. Après, le jeu de Deschamps... Quand tu gagnes des titres, tu t'en fous. C'est tout ce qu'on retient...

(...) Gaby Heinze ? Oui, ça fait partie des meilleurs défenseurs avec qui j’ai joué. Après, il y avait aussi Stéphane Mbia. Et Carlos Henrique à Bordeaux. Il a parlé de moi en bien récemment ? C'est vrai ! Oh, je vais rougir (rire). C'est mon frérot... Oui, c'est vrai qu'il m’appelait King Kong. Mais je vais le tuer (rire) ! Et c’est moi qui lui avais dit ça la première fois en plus, car il avait une grosse tête ! Je l’ai regardé et je lui ai dit : ‘Putain, j’ai jamais vu un singe être clair comme ça !’ (rire). Du coup, il a réussi à retourner ça sur moi, ce con (rire) ! Gaby, Stéph’ et Henrique, je me suis régalé avec eux, c'est vrai. Mais quand tu as des joueurs comme ça à côté de toi, tu te régales. C’est facile on va dire !"

*Diawara s'emmêle sans doute les pinceaux. En effet, son arrivée à Bordeaux date de 2007, et ses deux buts contre le Paris Saint-Germain sont marqués en 2008/09 (4-0 à Lescure en Ligue 1 et 3-0 au Parc des Princes en Coupe de la Ligue). Lors de la saison 2007/2008, Bordeaux avait gagné 3-0 contre le PSG (triplé de Wendel, en mars 2008) et l'avait aussi emporté 2-0 au Parc (buts de Johan Micoud et David Bellion, au mois de septembre).

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