Éric Bedouet : "Une question de fond au niveau du foot, pas juste Yann..."

Éric Bedouet : "Une question de fond au niveau du foot, pas juste Yann..."

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Nouveau gros morceau de la conf' de presse du début de semaine tenue par Éric Bedouet, le coach adjoint et préparateur physique des Girondins de Bordeaux, reparlant ici du cas Yann Karamoh, de retour dans le groupe pour le match contre Guingamp, après ses sanctions pour des écarts de conduite. Partant du cas de l'ancien caennais, prêté au FCGB par l'Inter Milan, Bedouet développe une réflexion générale intéressante :

"Yann, c'est Yann (sourire)... Mais il est très bien, en forme. Je l'avais eu jeudi, on avait fait une séance physique, sans ballon, très dure, qui s'était très bien passée. S'il est marqué ? Un petit peu, oui, mais il ne changera pas sa nature, de toute façon, et ce n'est pas ce qu'on lui demande. Il faut juste avoir un respect des partenaires, du club, de tout le monde, et si on travaille tous dans ce sens-là il n'y a pas de problème. Mais on ne peut pas tolérer d'écarts de conduite, même si on en voit un peu partout en ce moment dans le foot. Alors il faut mettre l'accent sur ça, et peut-être que des choses n'ont pas été faites, mais il faut vraiment du respect. En tout cas, c'est une question de fond au niveau du football, pas juste Yann... Mais sa sanction, le fait d'être écarté, ça l'a marqué, oui, absolument. Mais après, il doit rebondir... Même s'il a été marqué, quand je l'ai eu jeudi.

Avec lui, et ce jeune groupe, je retrouve un peu, cette saison, ce que j'ai vécu quand je travaillais à la formation. Vraiment. Et je me souviens que, dans le passé, au début, à Laval, on avait dû faire partir un joueur du club, alors que c'était mon meilleur joueur. Mais j'ai été obligé de la faire partir. Enfin, pas juste moi, car la décision était collégiale. Car il y a vraiment des choses qu'on ne doit pas faire, qu'on ne peut pas faire. A 16-17 ans, comme lui avait, on ne pouvait pas passer sur la bêtise que ce jeune, qui venait de Paris, avait faite. Et ça m'a marqué à vie, car ça a été dur. On avait pris des renseignements dans les clubs à côté, et on avait finalement décidé de se séparer de ce joueur. Et le club avait été marqué, car c'était grave. Mais d'un côté, c'était bien de sanctionner la bêtise. Et peut-être que sa carrière a basculé à cause de ça. Mais nous, le staff pro, on ne doit pas passer notre temps à régler des problèmes comme ça, car on a plein d'autres choses à faire. Mais je crois qu'à l'avenir, vu qu'il va y avoir de plus en plus de jeunes dans les effectifs, les clubs pros vont devoir changer des choses dans leur organisation. Il va falloir créer des rôles pour que quelqu'un chapeaute tout ça. C'est obligé."

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