C. Dugarry lynche Bordeaux comme jamais, crépit la direction, mais craint les investisseurs américains

Il disait en avoir marre de monter au créneau pour sonner l’alarme concernant les Girondins ; mais… Il faut croire que c’est plus fort que lui.

 

Retranscription complète du looong discours de Christophe Dugarry, l’ancien espoir du centre de formation et capitaine bordelais, par rapport à Bordeaux. Le tout dans son émission ‘Team Duga’, sur RMC.

 

« J’ai milité pour avoir des présidents compétents, comme je milite pour la compétence en général. Mais chaque cas de changement d’entraîneur il est différent selon les clubs, et c’est pour ça qu’un président connaissant le football et le milieu doit savoir faire la meilleure analyse pour prendre la meilleure décision. Un entraîneur caractériel, ça peut arriver, et alors peut-être qu’en ne le changeant que lui l’équipe ira mieux, mais il faut analyser si les joueurs ont lâché l’entraîneur, d’où vient le manque de résultats. A Bordeaux, l’idée de sortir Poyet… Pourquoi pas ? Mais le raisonnement je ne l’ai toujours pas compris. Le dernier argument qu’on m’a sorti c’est qu’il aurait été choisi en avance par les futurs investisseurs pour succéder à Gourvennec, mais sincèrement je ne comprends pas ça. En fait, quoi que tu fasses dans la vie il faut le faire pour les bonnes raisons, avoir le bon diagnostic. Et malheureusement, il n’y a pas de diplômes, de formations ou de compétences pour être président : soit tu es désigné pour aller représenter l’actionnaire, soit tu rachètes le club. Ce n’est pas comme entraîneur ou joueur. Mais aujourd’hui, des gens arrivent présidents de club de foot sans que tu saches pourquoi ni comment. Ils ne sont jamais rentrés dans un vestiaire, mais eux ; ou bien les actionnaires qui les mettent ; ont la prétention de se dire : ‘Les joueurs vont écouter ‘. Sincèrement, tu me mets un banquier qui arrive de nulle part dans un vestiaire pour me parler de foot, mais je vais être mort de rire. Comment, sans connaître le milieu du foot, il peut analyser la situation et prendre les bonnes décisions ? Le problème part de là. Pour moi, le président qui choisit l’entraîneur il part avec quand il le vire. S’il l’a choisi c’est, j’espère, pour des bonnes raisons, pas sur un sentiment ou un conseil d’ami ou d’agent en se disant que ce n’est pas grave car on peut le virer quand on veut. Donc il faut que chacun s’engage, c’est un duo, un projet en commun. Même s’il peut y avoir des cas particuliers, bien sûr.

 

En tout cas, à Rennes et Saint-Etienne, là où les changements de coaches ont marché, ils n’ont pas changé que ça, mais ils ont mis des dirigeants compétents – Olivier Létang et Frédéric Pacquet ; NDLR -, qui connaissaient parfaitement le football et tous ses rouages, ainsi que le recrutement et le fonctionnement d’un vestiaire. Ils ont rajouté de la compétence, pas un nom pour mettre quelqu’un. A Bordeaux, je n’ai pas l’impression qu’on ait fait ça. Sans lui faire de procès d’intentions, je ne trouve pas que Monsieur Martin amène de la compétence footballistique, car il n’a jamais connu ce milieu, sans lui faire offense. Alors même s’il est plein de bonne volonté, qu’il fait des efforts… Il faudrait quelqu’un de plus expérimenté, surtout dans un club comme ça, et ne pas changer que l’entraîneur. A Lille, au moins, le nouveau président et propriétaire, il s’est entouré avec de la compétence, en prenant Luis Campos comme directeur sportif…  Mais à Bordeaux, mettre Ulrich Ramé – et je n’ai rien contre lui, je ne dis pas qu’il est LE responsable – comme directeur sportif (technique ; NDLR), ce n’est pas possible. Comment il peut y arriver alors qu’il débute ?! C’est impossible.

 

(…) Mais toutes ces critiques, je ne les fais pas par plaisir. J’aime ce club, je suis né avec lui et j’aimerais revivre des émotions. Je ne me suis jamais autant régalé que quand Laurent Blanc était l’entraîneur, avec Chamakh et Gourcuff, j’allais au stade avec mes enfants en ayant du plaisir, alors que j’y vais très rarement. Mais là, je sais que ce club ne peut pas fonctionner comme en ce moment, il y a tout à reprendre. Ce club a 230 employés, en comptant les joueurs, et même s’il ne sous-traite pas beaucoup d’activités, c’est trop. A Bordeaux, si tu prends l’UBB, le club de rugby, ils en ont… 12. Et pourtant, à Bordeaux, tu entends plus parler de l’Union Bordeaux Bègles que des Girondins de Bordeaux. Tout est à refaire aux Girondins, tout est à reprendre, du début à la fin, en mettant de l’exigence à tous les niveaux, en arrêtant de ne mettre des personnes qui ne servent à rien. C’est pour ça que je n’espère qu’une seule chose, c’est qu’il soit vendu ; même si je ne crois pas du tout aux Américains dont on parle, là, ça me fait peur, je trouve cette vente dangereuse. »