Christophe Dugarry : "Si les supporters veulent le pouvoir qu’ils mettent l’argent, tout simplement"

Christophe Dugarry : "Si les supporters veulent le pouvoir qu’ils mettent l’argent, tout simplement"

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Échange assez musclé ces derniers jours, sur RMC, entre le journaliste Daniel Riolo et l'ancien attaquant des Girondins de Bordeaux Christophe Dugarry. Tandis que Riolo défend, jusqu'à une certaine mesure, la contestation des supporters (ici celle des Stéphanois, vis-à-vis du recrutement, finalement avorté, d'Anthony Mounier, formé à Lyon, qui avait insulté l'ASSE par le passé) "Duga" ne comprend pas le 'pouvoir' qu'ils se donnent.

Dugarry : « Je ne comprends pas du tout… Quand on dirige un club, cela veut bien dire qu’on prend les décisions, qu’on se mouille, et qu’on met des choses en places, des projets, avec des moyens plus ou moins importants ; et je trouve ça juste pas possible que des supporters puissent décider de la venue ou non d’un joueur. Après, il a eu des déclarations, par le passé, qui peuvent poser problèmes, donc on discute, il peut présenter des excuses sur le fond, et assumer d’être allé trop loin. Cela pouvait se prévoir à l’avance, mais si les supporters veulent le pouvoir qu’ils mettent l’argent, tout simplement ! »

Riolo : « Ben ils le mettent l’argent, ils payent des billets pour aller au stade. »

Dugarry : « Mais ça ne suffit pas ! »

Riolo : « Si car s’ils n’y vont pas il n’y a plus personne. Et le projet capote. »

Actualités : Christophe Dugarry :

Dugarry : « Mais il ne suffit pas de payer 20 ou 30 euros pour avoir du pouvoir… »

Riolo
: « Pour siffler, ça suffit. »

Dugarry : « Siffler ? Non, pour encourager ! Ce sont des supporters. »

Riolo : « Mais tu plaisantes ?! Le mec qui paye sa place, il fait ce qu’il veut. »

Dugarry : « Non, il n’a pas à venir pour insulter tout le monde juste parce qu’il a payé sa place 20 ou 30 euros. De quel droit ? »

Riolo : « Tant qu’il est dans le cadre de la loi il fait ce qu’il veut… »

Dugarry : « Mais oui, tu n’as jamais été sur un terrain de football, ça se voit… »

Riolo : « Quel rapport ? Je parle du fait de siffler, de manifester. Est-ce que les supporters ont le droit de faire des banderoles genre : ‘T’es un traître !’ ? »

Dugarry : « Oui, ça ils peuvent. »

Riolo : « Voilà, merci. Et en l’occurrence ce n’est pas juste la question d’avoir été sur un terrain ou pas. Il s’agit de ce qui se passe en tribunes. Et en tribunes j’y ai été. Et quand un mec vient et chie sur le club que tu supportes depuis 20 ans et bien tu veux qu’il dégage, car il n’a pas à rester ! »

Dugarry : « A un moment, il faut arrêter, les supporters sont là pour supporter et les dirigeants pour diriger. Mais si certains de nos dirigeants ont eu la faiblesse de se laisser manipuler par des supporters… Mais c’est déjà à eux de savoir l’histoire, ils doivent la connaître sans les supporters. »

Riolo : « On est d’accord, c’est surtout une faute des dirigeants. Ils auraient dû savoir qu’Anthony Mounier avait insulté leur club, et donc ne pas le prendre. »

Dugarry : « Moi, j’avoue, je ne m’en souvenais pas. Mais oui, ils n’auraient pas dû. Sauf qu’à cette erreur des dirigeants les supporters ont répondu par une autre erreur. Et la direction refait une erreur en cédant, montrant ainsi sa faiblesse. C’est anormal ! »

Riolo : « A un moment, le monde du foot, au lieu de répéter que c’est eux sur le terrain et que donc ils savent mieux que tout le monde, il devrait quand même assumer le fait que c’est grâce aux gens devant la télé et à ceux qui vont au stade si le football pro génère autant de fric. Donc ces gens ont bien le droit à la critique, ils peuvent faire assumer à un joueur ses déclarations, ses attitudes, ses performances. Ils ne sont pas des pigeons ! »

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Dugarry : « Mais jamais on ne doit leur donner le pouvoir de décider ! Ou alors, on fait des socios… et eux payent ce qu’il faut pour avoir le droit de s’exprimer. »

Riolo : « Mais ils n’ont pas de pouvoir là les supporters. Ils ont quand même le droit de siffler, de faire pression, comme de supporter. Le club doit seulement veiller à faire le ménage pour éviter la violence, ce qui est très important. Car il ne doit pas y avoir des menaces de mort ni de protection à faire sur les joueurs… Ce qui s’est passé contre Mounier ou bien contre Sertic avec les supporters bordelais, c’est trop, c’est n’importe quoi. Ces gens ce sont des délinquants, plus des supporters. Mais les supporters, tu n’as pas le droit de les empêcher de siffler, de manifester, d’afficher des banderoles. S’ils veulent le faire chaque semaine, ils ont le droit. Surtout quand on chie sur leur club comme Mounier l’a fait. C’est normal. Et le club sanctionne derrière, car l’histoire de l’institution n’est pas respectée. C’est une question de cohérence, et ce n’est pas donner le pouvoir aux supporters. Ils étaient obligés d’être responsables, de réparer leur erreur, car les supporters ne sont pas dupes. On ne peut pas se servir d’eux pour avoir de belles images et dire ‘Abonnez-vous !’ et puis se moquer d’eux ainsi. Quand les supporters font des choses graves, il faut leur dire et ne pas vouloir les couvrir pour se les mettre dans la poche, mais quand le club se trompe on accepte que le public soit là pour le dire. C’est une relation de respect mutuel, il ne faut pas que les clubs se servent des supporters comme ça les arrange. »
 

Christophe Dugarry : "Si les supporters veulent le pouvoir qu’ils mettent l’argent, tout simplement"

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