L. Arrondel : "Le marché des footballeurs se rapproche de celui du cinéma"

L. Arrondel : "Le marché des footballeurs se rapproche de celui du cinéma"

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Directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l’économie propre au football, Luc Arrondel explique sur RMC que, contrairement à ce que l'on pourrait croire, les salaires des footballeurs ne sont pas tant déconnectés que ça du contexte économique ; ni si hauts que ça... Sauf pour les énormes joueurs, qui profitent d'un système spécifique mais finalement très méritocratique.

"Le salaire médian des footballeurs, en Ligue 1, c'est 35 000€ - je préfère prendre ici la médiane, car la moyenne est souvent faussée par le PSG, donc par l'extrême -. Aussi, la durée moyenne d'une carrière d'un footballeur pro en France est entre 4 et 6 saisons. Donc, entre ce salaire médian - qui reste élevé - et ce nombre d'années, cela n'a plus rien à voir avec les salaires des superstars. Dans le monde, énormément de footballeurs professionnels - plus de 50% - sont payés moins de 1 000€ par mois. Donc oui, le football est vraiment un bouc-émissaire facile, mais il faut le comprendre.

On se demande si certaines rémunérations ne sont pas obscènes, mais il ne faut pas oublier que c’est quand même un domaine très méritocratique, avec moins d'un aspirant sur dix qui arrive à faire une carrière pro, et un milieu qui n’a pas de considération pour le milieu social d’origine du joueur, avec une très forte mobilité sociale. Donc, quelque part, il y a une forme de morale, de méritocratie. Le marché des footballeurs se rapproche vraiment du marché du cinéma ou du milieu de l'art, et ce n'est pas pour rien que les économistes, quand ils vont étudier ce segment de marché, parlent d'effet Pavarotti, car les meilleurs captent toute la rente. Ce même procédé existe dans le foot. Mais, au final, pourquoi ne pas faire des tribunes sur : 'Il est temps de se réapproprier le cinéma' ? ; vous voyez... Le marché du cinéma, très spécifique, fonctionne un peu comme celui du football, mais dans le cinéma il y a beaucoup plus de 'fils de' et peu de gens d'origine sociale modeste."

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