F. Brunet : "Il ne faut pas instrumentaliser le sujet de l'homophobie"

F. Brunet : "Il ne faut pas instrumentaliser le sujet de l'homophobie"

Le - Ultramarines - Par

Sur la radio RMC, dans l'émission 'L'After Foot', lors d'un débat autour des polémiques actuelles sur le racisme des tribunes italiennes et sur ce qui est jugé comme de l'homophobie dans les tribunes françaises, Florian Brunet est intervenu.

Le porte-parole des Ultramarines Bordeaux 87, en désaccord avec Daniel Riolo, a ainsi développé ses opinions, même si le débat a été très tendu !

"Déjà, le contexte en Italie et en France n'est pas le même du tout. En Italie, les tribunes sont politisées et il n'y a pas de juste milieu, car soit les groupes sont d’extrême droite soit ils sont d'extrême gauche. Aussi, l'Italie a eu jusqu'à très récemment un gouvernement très à droite, donc c'est totalement différent de la France. L'inter Milan, comme la Lazio Rome ou bien Vérone, ce sont des tribunes ouvertement nationalistes, alors qu'en France ça n'existe pas ou bien ça reste très minoritaire. Les Bad Gones (Lyon) ? Je ne veux casser du sucre sur le dos de personne. Mais en Italie, c'est surtout un problème sociétal, car ils n'ont pas eu le métissage que l'on a eu en France. Après, quand il y a des cris de singe etc, pour moi, c'est clair, pas de débat : on arrête le match. Cependant, ne faisons pas le parallèle entre le racisme en Italie et la soi-disant homophobie en France, dans nos tribunes. Chez nous, à Bordeaux, le terme 'pédé' ; qui est insultant et peut blesser les homosexuels ; on l'a banni du Virage Sud. Mais le terme 'enculé'... En quoi c'est homophobe ? Vous savez, nous, tous les ans, mais nous comme pleins d'autres groupes, ont fait des actions sociales... et ça personne n'en parle. En revanche, pour de la soi-disant homophobie, là on va parler des supporters. Moi, je suis dans le mouvement ultra depuis que j'ai 15-16 ans et je n'ai jamais été témoin d'un comportement homophobe. J'ai surtout vu de la tolérance, de l'entraide, un mélange des cultures avec des gens de toutes les couleurs et de tous les milieux sociaux. Donc c'est scandaleux de faire le parallèle entre le racisme de certaines tribunes italiennes - car je vous dis clairement que c'en est - et la soi-disant homophobie des tribunes en France. Car c'est incomparable.

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(...) La position des Ultramarines sur le sujet de l'homophobie ? Mais nous, notre position, c'est surtout une position commune : lutter contre l'homophobie c'est un combat louable, car c'est scandaleux qu'en 2019 quelqu'un soit attaqué sur son orientation sexuelle. Mais là, ce combat-là, il est instrumentalisé. C'est un prétexte qu'ils ont trouvé, car ils veulent attaquer les tribunes populaires pour faire venir plus de familles au stade, des gens qui vont plus consommer, à qui ils vont vendre des places et abonnements plus chers. Le modèle anglais ? Là-bas, l'abonnement le moins cher il est à 800€ ! Chez nous, c'est 130€. En tout cas, je vous le répète : de l'homophobie, on n'en voit pas dans les tribunes françaises.

Les banderoles homophobes ? Je suis contre, bien sûr, mais il n'y en a jamais eues ! Il y a du chambrage, du seconde degré, de la provocation, mais pas de l'homophobie. Nous, à Lyon, des banderoles nous insultaient et le match n'a pas été arrêté... Surtout, il ne faut pas instrumentaliser le sujet. Mais nous sommes malheureusement habitués à cela, à subir des interdictions de déplacements, des restrictions, à être pointés du doigt. Mais on se bat depuis des décennies et le combat on l'a même déjà gagné. Ce ne sont pas Marlène (Schiappa*) et Roxana (Maracineanu**) - qui ne connaissent rien au sujet et sont instrumentalisées par des lobbys voulant que les stades soient remplis par des consommateurs - qui gagneront. On se sert du combat contre l'homophobie - enfin, la soi-disant homophobie ! - pour attaquer les supporters français, mais dans le même temps on noue des relations avec le Qatar. Mais au Qatar, les homosexuels, comment ils sont traités ?! Arrêtons..."

*Secrétaire d'État pour l'égalité femmes - hommes et la lutte contre les discriminations.

**Ministre des sports.

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