"Vous ne savez pas à quel point on se bat avec Triaud"

"Vous ne savez pas à quel point on se bat avec Triaud"

Le - Interview- Par Aymeric

Inévitablement, lors de notre longue interview de Florian, un des responsables des Ultramarines, vendredi dernier dans Girondins Analyse (podcast à écouter ICI), le sujet de la relation des UB 87 avec le président Triaud - parfois critiquée par les autres supporters -  est aussi venu sur la table. Tout comme pour Willy Sagnol, les supporters les plus actifs du FCGB ont un grand respect pour le président du club bordelais, avec qui ils traitent depuis près de 20 ans, mais y a-t-il pour autant une forme de "copinage" avec lui ? Verraient-ils d'un mauvais œil un changement de direction futur ?

« Vous savez, avec le président Triaud on a une relation très ancienne, mais qui a toujours été très vivante et vigoureuse, et encore aujourd’hui. Évidemment, la relation est très respectueuse car très ancienne, mais ça a toujours été très tendu, avec des explications bien franches où chacun défend son bifteck, ses intérêts. Quelque part, c’est normal et c’est pour ça que ni lui ni nous ne refusons le combat. Quand j’entends les gens dire que les Ultras sont trop gentils avec Jean-Louis Triaud, moi ça me fait mourir de rire parce que vous ne savez pas à quel point on se bat, et pour tout. Chacun défend son bifteck pour voir jusqu’où l’autre est prêt à aller.


Le président, il est entre toutes les composantes du club : il faut du développement économique, évidemment, il faut une mascotte, il faut des maillots un peu... bizarres, avec des couleurs très particulières, parce que ça se vend super bien, il faut ce fourmillement de boutiques, de business avec le nouveau stade… Il faut développer tout ça. Et nous notre but c’est de maintenir une tribune populaire au milieu de ce contexte. Lui, il est entre les deux, il doit composer avec les intérêts de chacun. Pour le coup d’Adieu Lescure et du match contre Nantes initialement programmé à 14 heures, il y avait des gros enjeux économiques. Le club a su faire ce qu’il fallait pour qu'on ait notre fête, mais ça n’a pas été simple car il y avait une très grosse somme d’argent en jeu - au moins pour nous, citoyens, peut-être moins à l’échelle d’un club de foot - et qu’il a fallu se battre. Comme aujourd’hui il faut encore se battre. Ça n’amuse pas trop le club d’entendre que les sièges du nouveau stade ne sont pas costauds ni de voir une barrière s’ouvrir, mais le club doit composer entre SBA, nous, le préfet, et aussi M6. Donc le président Triaud, bénévolement, il est en plein dans ça, et il gère les susceptibilités de chacun. Croyez-nous, c’est vraiment un combat de tous les jours et de longue haleine avec lui. Même si on se respecte beaucoup.


(…) Vous savez pourquoi on l’aime beaucoup le président Triaud ? J’explique pour que les gens comprennent bien, mais avec nous il est à l’écoute, sans a priori, sans être maniéré. Il est franc quand on lui parle du club, parfois pendant 6 ou 7 heures. On s’en met plein la gueule parfois dans ces discussions, mais on va de l’avant. Il vient à notre local, quand il doit être là à 20 heures il est ponctuel et il reste jusqu’à 4 heures du matin. Il est authentique.


(…) Je ne pense pas que le club s’amuse trop à nous couper notre sono. Même si c’est souvent tendu, on a de bonnes relations avec la direction. Chacun défend ses intérêts sans que ça aille trop loin non plus. Mais on sait que le président Triaud n’est pas éternel et que, malheureusement, ce qui est vrai aujourd’hui ne l’est pas forcément demain. On a vu que pendant la présidence temporaire de Mr Imbault, ça a été plutôt cocasse… Car on a connu une personne qui ne nous parlait pas. Mais c’est le sens de la vie, le monde bouge, personne n’est éternel et ça donne aussi un charme à notre vie. J’espère que le groupe des Ultramarines existera bien après que Jean-Louis Triaud ait arrêté ses fonctions. Mais pourquoi pas être racheté par quelqu’un d’ambitieux à l’avenir ? On n’est pas fermé à cette idée. Tant que la tribune populaire est respectée, ce qui est notre combat à vie depuis qu’on a 15 ans, on est ouvert. Nous n’avons pas peur de l’avenir ou d’un éventuel rachat du club. Ce serait la suite logique des choses. »

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