« Terminer dans le top 10 n’est pas un objectif, c’est une obligation au vu de l’effectif »


1. Quel est ton regard d’ensemble sur le club de Bordeaux en général et sur l’équipe actuelle des Girondins ?

Quand on pense à la Ligue 1, on pense forcément aux Girondins. C’est indissociable. Un peu comme le Sporting et les matchs à huis clos à Gueugnon. L’équipe actuelle girondine est, pour moi, un mystère; capable du meilleur, comme du pire. D’aligner 2 ou 3 victoires de rang puis de perdre à domicile contre Toulouse. Aussi imprévisible que la vessie d’un octogénaire.

2. Comment tu juges la première moitié de saison du Sporting et quelles doivent être les ambitions pour 2014 ?

Le club et Hantz ont beau affirmer que c’est une première partie de saison satisfaisante, la plupart des supporters, dont je fais partie, restent sur leur faim. On a largement l’effectif et les capacités pour être plus réguliers et aspirer, au moins, au top 10. Avec l’effectif de la saison dernière, ce début de saison aurait été satisfaisant mais là, pour moi, il ne l’est pas. Les dirigeants et Hantz se cachent trop derrière le faible budget du club (19ème de L1). Sur le papier, je ne vois pas beaucoup d’équipes meilleures que nous.

La saison dernière, on avait un effectif plus limité ; à tous les niveaux ; mais les joueurs étaient morts de faim pour le retour en L1 du club et la découverte de l’élite pour la plupart. Là, sur certains matches, comme le dernier à Valenciennes, il y a clairement un manque d’envie, d’implication et de grinta. Après, je ne veux pas m’enflammer, comme certains supporters qui veulent l’Europe dès cette saison, mais, pour moi, terminer dans le top 10 n’est pas un objectif, c’est une obligation au vu de l’effectif. Ce serait un gâchis autrement.

3. Quels sont tes souvenirs du match « aller » (1-0 à Bordeaux, 4ème j), et comment les choses se sont déroulées pour vous depuis ?

Le début de saison à été compliqué à gérer pour nous. On a eu beaucoup de mouvements à l’intersaison, surtout devant. Les joueurs ont mis bien deux mois à se trouver les uns des autres. Nos premiers matchs ont été très compliqués. Celui à Bordeaux en fait partie. On subit pendant quasiment tout le match on pousse, un peu timidement, en fin de match mais ça ne suffit pas. Je ne sais même pas si on a cadré un tir. Offensivement, en début de saison, il a fallu tout reconstruire après les départs de Thauvin, Rothen, Modeste et Beauvue. C’était la Syrie. On a progressé, surtout défensivement, depuis. Offensivement et dans la construction du jeu, ça reste fragile.

4. Quand Frédéric Hantz a repris l’équipe, il y a 3-4 ans, en National, tu aurais pu imaginer que vous en seriez là aujourd’hui, de retour en L1 et avec le projet d’y rester et de jouer l’Europe à terme (dixit vos dirigeants) ?

De remonter aussi vite en L1 et de monter un projet sur cinq ans pour retrouver l’Europe, honnêtement non. Mais on sentait bien que quelque chose se (re)créait autour du club. Il ne faut pas oublier que, sans la mobilisation des supporters, le club repartait de CFA, sans le centre de formation qui plus est. La nouvelle équipe dirigeante a très bien communiqué et renoué le dialogue avec les supporters. Ils ont choisi la bonne personne avec Hantz. À partir de là, les gens ont recommencé à venir au stade et la formidable aventure humaine et sportive a commencé. On ne saluera jamais assez le boulot d’Hantz, de son arrivée à maintenant. Il est arrivé sur un chantier sans mêmes les fondations… Pour son premier match officiel, en Coupe de la Ligue, il n’avait que 13 joueurs pros disponibles. Pour vous montrer dans quel merdier le club était à l’époque !

5. Historiquement, Bordeaux réussit mal à Bastia. Comme tout le monde, ou presque… Comment tu expliques ce double visage de ton club : autoritaire à Furiani, mais parmi les pires équipes de L1 à l’extérieur ?

Oui, je te rassure, ce n’est pas le cas que de vous… Depuis la nuit des temps et plus loin encore, on a ce supplément d’âme à domicile. Il faut dire que le public de Furiani joue un grand rôle la dedans. On a vraiment la chance d’avoir un public incroyable, même si l’ambiance ces derniers temps est moins flamboyante et folklorique qu’avant (comme de partout à peu près). Mais le revers de la médaille, c’est bien évidemment nos difficultés à l’extérieur. Ces deux paramètres sont certainement liés et ancrés dans l’ADN du club. Cette saison en est la parfaite illustration. On est la 5ème meilleure équipe du championnat à domicile (avec un match en moins) alors qu’on n’a pas gagné un seul match à l’extérieur depuis le début de la saison ! Du coup, impossible pour l’instant de viser plus que le maintien sans performer hors de nos bases. Et c’est bien dommage !

6. Quels sont, selon toi, les forces, faiblesses et le style de jeu du Sporting Club de Bastia cette saison ?

La grande force du Sporting, c’est, tout d’abord, de jouer à domicile. On n’insistera jamais assez dessus. Sinon, à Furiani, on est assez solides défensivement avec Squillaci – Modesto dans l’axe. On gagne souvent 1-0 à l’arrache en étant costaud derrière. Sur certains matchs, on a réussi à produire vraiment du beau jeu, mais trop peu de fois. La grande faiblesse, surtout en ce moment, c’est l’animation offensive. On a du mal à faire le jeu et être constant 90 minutes.

7. Landreau et Cissé seront absents de votre côté, cela change la donne ou pas vraiment ?

L’absence de Landreau va nous être préjudiciable c’est clair, même si Leca a été très bon sur les deux matchs qu’il a eu à jouer. Pour Cissé, je ne pense pas que ce soit vraiment un coup dur. C’est normal, car il vient d’arriver et il est encore très loin encore d’être à 100%.



8. A Bordeaux, son cas divise encore les supporters. Qu’as-tu pensé, toi, d’Anthony Modeste ?

Ah Anthony Modeste… À Bastia, aussi, les supporters étaient divisés sur lui. D’un côté il y avait les « On ne se rend pas assez compte de ce qu’il apporte à l’équipe. Les buts il les plante ! » et, de l’autre, les « Ah mais il sert à rien, les buts qu’il met même moi je pourrais les mettre ! Il a marqué 72 penalties ». Mais, on a beau le critiquer, c’est notre meilleur buteur de L1 depuis plus de 10 ans avec 15 buts. Il est marrant de noter que, depuis son départ, nombre de ses détracteurs veulent le voir revenir… Après avoir vu Bruno et Raspentino. D’ailleurs, allez voir son compte Twitter : 90% de ses tweets sont des retweets de fans du Sporting qui lui demandent de revenir.

9. Pour en revenir au match de demain, si tu avais deux joueurs à suivre (un en mal et un en bien) dans chaque camp, il s’agirait de… ?

De notre côté, vous pouvez suivre attentivement Palmieri, l’arrière gauche. Un peu limite défensivement mais très intéressant dans l’apport offensif. Et Squillaci. Surtout Squillaci ! Vous serez surpris de son niveau. Y’a aussi Diakité qui est vraiment pas mal. Côté mal, attention à Leca, capable du meilleur comme du pire, et à l’attaquant qui sera aligné en pointe. Si c’est Bruno, face à Henrique, ça peut être rigolo. Sinon, j’attends avec impatience le duel entre Hoarau et Squillaci/Modesto. Ça va envoyer du bois !

10. Enfin, un petit prono pour samedi ?

Je vois une courte victoire du Sporting, 1-0 ou 2-1. Buts d’Adama Ba et de Khazri.

11. (Question bonus) : T’aimes vraiment « I Muvrini » ?

Non.