Jemmali se souvient de Pauleta, de l'ambiance de Glasgow et de la saison noire avec Pavon sur le banc

Jemmali se souvient de Pauleta, de l'ambiance de Glasgow et de la saison noire avec Pavon sur le banc

Le - Anciens- Par Aymeric

Restant très attaché aux Girondins de Bordeaux, où il a fait l'essentiel de sa carrière, l'ex latéral droit des Marine et Blanc, David Jemmali, a vécu des choses insolites avec le FCGB : entre des buts parfois surprenants, des souvenirs d'ambiance incroyables et des anecdotes de vestiaire, il raconte tout à Anthony Ricarte, pour Olaaa.fr.

"Je me rappellerai toujours de quand Pauleta est arrivé. Le vendredi on faisait un entraînement à huis-clos et le lendemain on se déplaçait à Nantes en championnat. On ne le connaissait pas trop. Et lors d’une petite opposition à cet entraînement du vendredi, il a mis 4-5 buts à Ulrich Ramé et on s’est tous dit : « Mais qu’est-ce que c’est que ce joueur ?! ». Et le lendemain il met un triplé à La Beaujoire pour son premier match. C’était un buteur-né avec un très bon sens du but qui peut marquer depuis n’importe quelle position, un peu à la Trézéguet. Il va participer un peu moins dans le jeu collectif mais par contre, pour lui, 3 occasions ça faisait 2 buts. C’était à peu près son ratio et c’était très impressionnant ! Ensuite l’être humain, le personnage, magnifique ! Un clown, tout le temps en train de déconner mais professionnel avant tout qui bossait sans cesse. Bruno Basto et lui à l’époque faisaient une paire de joyeux lurons (rires).

(...) Pour la sélection, depuis mes 20 ans on m’avait toujours sollicité pour que je sois international Tunisien et j’avais toujours refusé. Mais une année, il y a eu un feeling qui est bien passé avec Roger Lemerre, que j’ai connu au bataillon de Joinville. C’est pour cela que j’ai accepté.

(...) Paradoxalement, c’est d'un match de Coupe de l’UEFA dont j’ai le meilleur et plus grand souvenir. On se déplaçait au Celtic Park (le 9 novembre 2000) pour y affronter le Celtic Glasgow, dans le match retour du 2ème tour (1-1 à l’aller). J’avais des frissons ce soir-là. Je m’échauffais sur la pelouse, avant le match, et puis j’ai regardé ce stade et tous ces gens vêtus de vert et blanc, et j’en ai stoppé mon échauffement. Je m’en rappellerai toujours. Les enceintes du stade passaient U2, qui est en plus mon groupe préféré et, à un moment, le speaker a dit quelque chose, la musique s’est arrêtée et tout le stade s’est mis à chanter du U2. C’était magnifique, avec une ambiance de folie ! En plus on se qualifie aux prolongations sur un superbe but de Lilian (Laslandes), d’une reprise de volée en pleine lucarne, donc oui, mon plus beau souvenir européen c’est celui-là.

(...) Mes buts ? Je vais en citer deux. Le premier, c’est évidemment mon premier but sous le maillot bordelais lors de notre victoire 4-0 à Lescure face à Rennes, l’année du titre, en 99. Sur ce but, c’est Kiki Musampa qui s’amuse sur le côté en mettant la misère au défenseur et qui met un super centre. Je m’en rappelle, j’étais dans le rond central, je vois Musampa qui s’amuse là-bas et Ali Benarbia me dit : « Vas-y, j’en peux plus, j’suis cuit ». Alors j’ai piqué un sprint jusqu’à dans la surface, je ne sais pas pourquoi, et puis le ballon est arrivé, j’ai mis un coup de tête et c’est rentré. C’était un super moment pour moi, surtout pour un défenseur qui n’a pas l’habitude de marquer. Mais le plus beau but ça restera à Sochaux, quand on gagne 3-0 en avril 2006 où je mets une reprise de volée dans la lucarne de Teddy Richert. Celui-là, il était magnifique.

(...) Mon top 3 des bons souvenirs ? Le titre de champion pour commencer, ensuite la première fois où vous entendez la musique de la Ligue des Champions, puis, pour clôturer tout ça, on va dire le dernier match contre Sochaux, où l’on fait ses adieux aux Girondins. Le plus mauvais souvenir ? Sur mes 11 années passées au club, j’ai joué 10 fois la Coupe d’Europe. La seule saison où je ne l’ai pas disputé c’était en 2005-2006 car la saison passée on avait joué le maintien lorsque Michel Pavon dirigeait l’équipe. Eric Bedouet avait pris les rênes en fin de saison et on se sauve à la dernière journée contre Marseille. C’est dommage parce qu’on avait fait une belle entame. C’est un de mes regrets, que ça n’ait pas marché avec Michel Pavon, parce qu’on avait un bon groupe. Michel c’est un bon gars, un leader mais ça n’avait pas accroché. Ce n’est peut-être pas un « mauvais souvenir » mais c’est un de mes regrets, que cette année-là n’ait pas fonctionné. On pensait tous que ça allait bien prendre mais après un bon début de saison ça s’est essoufflé. Il y avait un mix d’anciens et de jeunes qui n’a pas pris dès le début de la saison. Ensuite je ne sais pas comment expliquer ce qu’il s’est passé. C’était une année plus ou moins noire."

En continu