J. Tigana, B. Lacombe et M. Trésor rendent aussi hommage à Michel Hidalgo

J. Tigana, B. Lacombe et M. Trésor rendent aussi hommage à Michel Hidalgo

Le - Carnet Noir- Par

Michel Hidalgo, ex sélectionneur de la grande équipe de France des années 80, est mort hier, à 87 ans. Plusieurs anciens joueurs bordelais de cette (grande) époque, coachés par Hidalgo en Bleu, ont donc réagi, rendant hommage au technicien et à l'homme. Florilège :

Jean Tigana : "C’est une grande tristesse, car c’est quelqu’un qui arrivait à fédérer comme personne. En un coup de fil, il pouvait tous nous réunir. C’est quelqu’un qui était respecté de tous. Ce qui nous marquait chez Michel, c’est son côté humain. Il déléguait énormément, sur le terrain et dans la gestion du groupe, mais il trouvait tout le temps les bons mots. Pour encourager, pour consoler, il savait toujours nous parler. C’était impressionnant chez lui. Avec le président (de la Fédération) Fernand Sastre, ils ont donné du dynamisme au football français, ils ont réussi à lui faire franchir des étapes en prenant pourtant des risques énormes dans le jeu."

Marius Trésor : "J’ai passé de très bons moments avec lui, c’était un sélectionneur qui aimait discuter avec ses joueurs et je n’oublie pas que c’est lui qui m’a nommé capitaine de l’équipe de France. Il y a beaucoup de souvenirs qui disparaissent avec le départ de Michel. Il a su nous faire prendre conscience de toutes nos possibilités. Je me rappellerai toujours ce match au Brésil en 1977. Lors de la première mi-temps, on regardait jouer cette équipe brésilienne et à la mi-temps, il nous a fait un discours assez musclé et on a vu le résultat. Menés 2-0, nous étions revenus à la marque pour faire 2-2. C’est le garçon, par ses mots, qui arrivait à remettre son équipe dans le droit chemin."

Bernard Lacombe : "C’était plus qu’un sélectionneur ou un entraîneur. Il était notre papa, notre grand-père, très proche des gens. Il était très humain et d’une grande sincérité. Nous l’avions revu une dernière fois le 12 février, nous étions quasiment tous là, nous les champions d’Europe 84. C’était un grand moment, magnifique. C’était un homme très humble, gentil et qui connaissait bien son métier et le football. Je suis très ému."

Patrick Batttiston : "Il donnait toujours, et à chaque joueur, tous les éléments nécessaires pour qu’ils puissent s’épanouir et s’exprimer au mieux sur le terrain. Il y avait bien sûr un certain carcan à respecter, mais avec le ballon, les joueurs pouvait donner libre cours à leur créativité."

Alain Giresse : "C'était quelqu'un avec beaucoup de bienveillance. Il prenait soin des autres et il était toujours à l'écoute. Pour autant, il n'y avait pas de laisser-aller. Il imposait une grande rigueur et un respect du jeu de l'équipe. Il misait sur une compréhension réciproque avec les joueurs. Il avait la connexion. Quand il a repris l'équipe de France, il avait une idée très précise de ce qu'il voulait faire. A l'époque, la sélection n'avait pas de bons résultats. Mais il ne voulait pas copier le style de l'Espagne ou des Pays-Bas. Son credo était de trouver une identité qui conviendrait au football français et aux joueurs français. Il a mis en place une tactique qui nous a permis de tous rester dans notre registre. Sa ligne directrice était claire : tout devait passer par le milieu car c'est là que le jeu se construit.

(...) On a vraiment vécu avec lui tant de moments forts. C’était véritablement quelqu’un de très attachant Michel. Sa disparition, c’est très triste, très douloureux, pour nous. C’est cruel, parce qu’on ne pourra même pas aller à ses obsèques en cette période de crise sanitaire. (...) Avec les Bleus, il restera à jamais comme le premier à avoir réussi. Celui qui a démarré la série. On lui doit beaucoup, tous. (...) Il venait souvent voir les matchs à Bordeaux. Il avait dû déceler quelque chose en moi et ne m’a jamais abandonné."

Sources : France Football, La Dépêche, L’Équipe, Sud Ouest,
AFP, Le Parisien, France Info

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