Ludo Obraniak : « Je sais que faire l’unanimité sur Twitter est très dur »

Interrogé pour le podcast ‘Le Sport Business’, l’ancien N°4 des Girondins de Bordeaux de janvier 2012 à janvier 2014, Ludovic Obraniak, met encore les pieds dans le plat sur un sujet d’actu assez tendu. Pour lui, pendant la crise du coronavirus, les joueurs de football professionnels doivent faire des efforts sur leurs salaires pour aider les clubs à faire face économiquement. 

Par ailleurs, sur le sujet des réseaux sociaux, Ludo – qui est assez actif sur Twitter – recadre les choses avec recul :

« Pour tout vous dire, avec les joueurs en activité que j’ai pu avoir au téléphone pendant cette crise et le confinement, on ne parle pas de ça. Il faut dire que, dans notre pays, tout ce qui touche au sujet de l’argent est un peu tabou et tout le monde se cache un peu, donc c’est très dur de pouvoir parler de ça. Après, moi, mon point de vue, c’est qu’il existe une crise sanitaire et une autre économique à venir ; même si on est déjà dedans… La chance qu’aura un footballeur de haut niveau, aujourd’hui, c’est qu’il peut se permettre de dire qu’il refuse de retourner travailler puisque c’est ce qui a été fait par le biais de leur syndicat, l’UNFP. Mais c’est un luxe… Et ce luxe a aussi des conséquences, car tu ne peux pas dire : ‘On ne veut pas y retourner’ et demander à être payé 2-3 mois à rester à la maison

Donc c’est un vrai choix à faire, et certains n’ont pas la chance de pouvoir le faire. Je pense notamment aux personnes en première ligne, qui souvent gagnent entre 1 000 et 2 000 euros par mois, et qui eux ne se posent pas la question de savoir s’il y a un risque sanitaire pour eux, car le risque économique est là et qu’ils savent qu’ils en mourront à petit-feu aussi… Du coup, je crois qu’il faut que les joueurs pensent aussi à l’économie de leur club, et qu’un geste en plus des accords entre les clubs et l’UNFP et de ce qui a déjà été évoqué serait bien vu.

(…) Ce que je pense des réseaux sociaux et des réactions qu’on y trouve ? C’est à l’image de l’Homme : il y a du bon et du moins bon. Sur Twitter, on voit ce qu’il y a de meilleur chez l’humain, et je vois notamment plein de gens très créatifs et drôles ou de sites intéressants où l’on peut apprendre sur la partie business ou géopolitique du football, mais il y a aussi des gens qui viennent là pour déverser un peu leur haine. Ce réseau, il est un peu… Mais j’essaye de ne pas trop rentrer dans ces considérations-là. Je sais que faire l’unanimité sur ce réseau est très dur, et moi mon arme favorite c’est l’humour. Donc dès que je me fais attaquer, je ne réponds jamais, à part par l’humour. Et pour l’instant, ça me va très bien ! »

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