C'est grave docteur ?

C'est grave docteur ?

Publié le - Par - La Rédac.

Face à Lyon, les Girondins de Bordeaux ont subi une lourde défaite à domicile (0-4). Le réalisme des Lyonnais et l'absence de certains joueurs bordelais sont pointés du doigt. Les limites de l'effectif girondin aussi !

Une énorme gueule de bois se fait aujourd'hui sentir chez tous les supporters des Girondins ainsi, on l'espère, que du côté des joueurs, du staff et des dirigeants. Au lendemain d'une cinglante défaite à domicile contre Lyon sur le score fleuve de 4 à 0, Bordeaux tente de reprendre son souffle après bu la tasse à quatre reprises ( dont trois en l'espace de 10 minutes) contre des Lyonnais ultra réalistes mais aussi dominateurs dans le jeu... et dans l'envie ? 

Bordeaux qui va devoir probablement sacrifier une Coupe pour tenter de se reprendre en Ligue 1 après deux défaites de suite s'apprête donc à se concentrer sur l'essentiel aux yeux de son entraîneur : la Ligue 1 et la course à l'Europe. Une Ligue 1 dominée aujourd'hui par Paris et Lyon qui disposent d'effectifs fournis en qualité et en quantité au contraire de bien d'autres équipes, dont Bordeaux qui perd ses moyens en l'absence de quelques uns de ses titulaires. Mais si le potentiel du club de la capitale le place désormais sur une autre planète, celui de Lyon, en proie aux même difficultés économiques que Bordeaux, et qui a du céder bon nombre de ses cadres durant les deux derniers mercatos (Lloris, Cris, Kallström, Bastos...) peut servir d'exemple. 

Tout comme le travail de Rémi Garde, un entraîneur humble qui reconnaissait le réalisme de son équipe face aux Bordelais, qui a dû, tout comme Francis Gillot, s'adapter et "bricoler" de façon quasi permanente. Mais qui a pu trouver la solution en mettant en avant les jeunes (Gonalons, Grenier, Koné, Fofana, Umtiti, Ferri, Benzia ou encore Ghezzal) au milieu d'une équipe équilibrée et tournée vers l'attaque. Faire jouer les jeunes : une solution à suivre pour Francis Gillot ? 

Peut-être. Mais l'entraîneur bordelais et son staff sont indiscutablement les mieux placés pour juger du niveau de Sacko, Poundjé, Chevalier, Castro, Touré etc... Et les résultats de la réserve, même s'ils sont en nets progrès, n'incitent pas à l'optimisme.. Quoiqu'il en soit, et au delà de cette question d'avenir sur les jeunes, les absences de Mariano et Henrique ont pesé hier face aux Gones. Et ce même si Julien Faubert s'en est plutôt bien sorti sur son couloir droit, excepté ce pénalty du 0-3 concédé à un moment où les Girondins n'y étaient déjà plus. Ajoutés à cela, les pépins physiques de Lamine Sané et de Diego Rolan en cours de match et on comprend la complexité du casse tête proposé à Francis Gillot pour aligner un onze à la hauteur d'une affiche contre Lyon. Car aujourd'hui et au lendemain des départs, pas entièrement compensés, de Yoan Gouffran et de Jussiê, ainsi que de la seule arrivée de Diego Rolan là où Gillot attendait deux attaquants, la politique bordelaise apparait floue. 

Les espoirs offensifs d'une équipe de haut de tableau sont visiblement placés sur un gamin de pas encore 20 ans à peine débarqué d' Uruguay. Mais si Diego Rolan semble prometteur et n'est pas (encore) remis en cause, sa présence ne rassure pas. Tout comme celle de David Bellion, plus expérimenté et revenu en forme après 3 ans de galères, mais qui ne peut pas être le leader de l'attaque bordelaise. Même constat pour Cheick Diabaté, dont l'attitude sur et - surtout - en dehors du terrain est de plus en plus critiquable. Qu'ils semblent loin les moments où Bordeaux affichait un jeu séduisant avec des attaquants capables de marquer presque à tout moment en saisissant chaque occasion et des milieux créatifs capables de dominer l'entre-jeu adverse dans la construction du jeu et la maitrise du match. Dépendant aujourd'hui de dribbles d'Henri Saivet. des coups de patte de Ludovic Obraniak et de l'abattage du duo Jaroslav Plasil - Lamine Sané, Bordeaux commence aussi à comprendre pourquoi les irréguliers Nicolas Maurice-Belay et Landry N'Guémo sont arrivés libres en Gironde. 

Comprenons-nous, ce n'est probablement pas la dernière (lourde) défaite que les Girondins subiront et il ne s'agit pas ici de cracher gratuitement sur ce club gravé dans nos coeurs. Mais les perspectives d'avenir sont tout de même préoccupantes. Car face au manque de moyens et d'ambitions des dirigeants dans le recrutement, mais aussi aux limites du bricolage, pourtant astucieux, de Francis Gillot on a vraiment l'impression - sauf éclosion de Diego Rolan - que l'équipe ne peut plus s'améliorer... Et même qu'elle pourrait s'affaiblir. 

Les déclarations de Cédric Carrasso ou de Ludovic Obraniak, incertains sur leur avenir, et les cas de certains joueurs qui ne resteront pas éternellement aux girondins (Benoît Trémoulinas, Lamine Sané, Henri Saivet pour ne citer qu'eux) ne vont pas dans le bon sens, à savoir celui de construire une équipe taillée pour finir sur le podium et pour faire vibrer ses supporters. S'il faut souvent du temps pour former une équipe, il est en revanche beaucoup plus rapide d'en décomposer une. C'est ce que peuvent constater aujourd'hui les dirigeants bordelais... et les supporters. Car si l'espoir est un sentiment qui vise à placer des pensées positives dans un élément que l'on ne peut maîtriser, les supporters bordelais ont plus souvent été déçus qu'autre chose ces derniers temps. Ils en viennent même à espérer de Valentin Vada, à peine en train de s'aguerrir avec les U19, qu'il soit le futur sauveur des Girondins... 

Le tout sans l'avoir vu jouer pour beaucoup ! Phénomène sur les réseaux sociaux et objet d'une communication spéciale de la part du club qui cherche à atténuer la pression sur ses épaules, le meneur italo-argentin de bientôt 17 ans est un peu le symbole de ces croyances aveugles et démesurées qui habitent les supporters bordelais. 

Mais Bordeaux aujourd'hui, c'est ça : des attentes qui ont besoin d'être placées là où elles le peuvent. Une réalité à laquelle le supporter bordelais est réduit, sans forcément accepter de la voir en face.