Faute d’avoir pu être champion d’Europe en club avec Bordeaux (demi-finale de C1 en 1985), Alain Giresse l’a été avec la France, un an avant, à domicile. Dans ‘Le Vestiaire’ (SFR Sport), l’ancien petit prince du Parc Lescure a même raconté comment il s’était retrouvé à récupérer le trophée, après une finale, gagnée (2-0) contre l’Espagne, que les Bleus étaient conditionnés à remporter.
« Quand on est arrivés au Parc des Princes, pour la finale ; après l’échauffement, Michel (Platini) nous a attrapés et nous a dit : ‘Maintenant, je vous avertis : pendant les hymnes – que nous on ne chantait pas, mais qui nous donnait la chair de poule -, on met tous nos yeux sur la coupe, on ne regarde que ça, aucun n’essaye de voir ses parents’. C’était un moment fort quand il ous a dit ça, dans le vestiaire, au dernier moment. Et on est partis là-dedans. Pendant les hymnes, déjà que la Marseillaise nous faisait chavirer, on regardait tous la coupe. Moi, je me souviens, je ne l’ai pas quittée des yeux. Personne ne l’a fait. On était ailleurs. La coupe, elle était devant nous, on était complètement aillers, dans notre truc. Il fallait la gagner.
(…) Après le match. On était trois, dont je faisais partie, dans le vestiaire. Les trois derniers. On avait gagné, c’était trop beau, l’euphorie dans les vestiaires, avec les journalistes qui rentrent, tout le monde, et tout ça… Mais Patrick Battiston, Bernard Lacombe et moi, les trois bordelais, on traînait, encore et encore, avec la Coupe d’Europe au milieu, comme un vulgaire objet (rire). Donc on se l’est embarquée, on l’a mise dans le sac et on l’a ramenée à la Fédération. Mais moi, j’étais le spécialiste de ça, récupérer les coupes (sourire)… »
