La saison 2024-2025 restera comme l’une des plus marquantes de l’histoire des Girondins de Bordeaux. Deux ans après leur relégation en Ligue 2, les Marine et Blanc traversent une crise financière sans précédent. Le projet de reprise porté par Fenway Sports Group échoue durant l’été et, après leur rétrogradation administrative prononcée par la DNCG, les dirigeants choisissent finalement de se désister de leur appel. Placé en redressement judiciaire, le FCGB perd son statut professionnel avant que sa rétrogradation en National 2 ne soit définitivement confirmée au mois d’août. Pour la première fois depuis 1937, les Girondins s’apprêtent à évoluer au quatrième échelon du football français.
Le séisme est immense. Les contrats professionnels sont rompus, le centre de formation perd son agrément et une grande partie des salariés quitte le club. En quelques semaines, Bordeaux doit reconstruire un effectif presque entièrement à partir de zéro. Albert Riera quitte naturellement ses fonctions tandis que Bruno Irles est choisi pour prendre en main cette nouvelle équipe. Autour de quelques joueurs ayant accepté de poursuivre l’aventure, les Girondins recrutent plusieurs éléments venus des divisions nationales afin de rebâtir un groupe compétitif avec des moyens désormais très limités.
La préparation estivale est largement perturbée par ce long feuilleton administratif. Alors que le championnat de National 2 débute, la situation des Girondins n’est pas encore définitivement réglée. Les deux premières rencontres des Marine et Blanc sont ainsi reportées et Bordeaux ne lance finalement sa saison qu’à l’occasion de la troisième journée. Les matchs en retard sont disputés au fil des semaines, tandis que Bruno Irles façonne progressivement un collectif constitué dans l’urgence.
Malgré ce contexte exceptionnel, les Girondins surprennent rapidement par leur état d’esprit. Loin des turbulences des saisons précédentes, le groupe affiche une solidarité retrouvée et une humilité saluée par les supporters. Les arrivées d’Andy Carroll, Cédric Yambéré, Younès Kaabouni, Yanis Merdji ou encore Amadou Diallo apportent de l’expérience à un effectif largement renouvelé. Véritable attraction du championnat, Andy Carroll s’impose rapidement comme l’un des visages de cette reconstruction, autant par son implication que par son efficacité devant le but.
Sur le terrain, Bordeaux se mêle rapidement à la lutte pour les premières places de son groupe de National 2. Malgré un début de saison retardé et plusieurs points laissés en route, les Girondins restent longtemps au contact du leader Saint-Malo. Plusieurs succès convaincants, notamment face à leurs concurrents directs, entretiennent l’espoir d’une remontée immédiate. Toutefois, quelques contre-performances à domicile et un manque de régularité empêchent les Marine et Blanc de combler définitivement leur retard.
La Coupe de France offre également quelques belles émotions. Après avoir franchi les premiers tours, les Girondins retrouvent le Matmut Atlantique pour y accueillir le Stade Rennais, pensionnaire de Ligue 1. Malgré l’élimination, cette rencontre disputée devant près de 20 000 spectateurs rappelle que, malgré les épreuves traversées, l’engouement populaire autour du club demeure intact.
Au terme de cette saison si particulière, les Girondins terminent à la 4e place de leur groupe de National 2. Un classement insuffisant pour retrouver l’échelon supérieur, mais presque secondaire au regard des événements vécus durant l’été. Après avoir frôlé la disparition quelques mois plus tôt, le FCGB est toujours debout. Le club a retrouvé un groupe soudé, un public plus uni que jamais derrière son équipe et les premières bases d’une reconstruction qui s’annonce encore longue. Plus qu’une simple saison de football, cet exercice 2024-2025 restera comme celui de la survie d’une institution centenaire.