Au lendemain d’une saison 2020-2021 conclue dans une ambiance pesante malgré le maintien obtenu en Ligue 1, les Girondins de Bordeaux abordent l’exercice 2021-2022 dans un contexte inédit. En avril 2021, King Street annonce son retrait et place le club sous la protection du tribunal de commerce. Après plusieurs semaines d’incertitudes, Gérard Lopez est officiellement désigné nouveau propriétaire du FCGB durant l’été. Dans la foulée, Jean-Louis Gasset quitte le banc et Vladimir Petković, ancien sélectionneur de la Suisse, est nommé entraîneur de l’équipe première.
Le mercato estival est particulièrement animé. Les Marine et Blanc voient arriver Ricardo Mangas, Timothée Pembélé, Gideon Mensah, Stian Gregersen, Jean Onana, Fransérgio, Javairô Dilrosun, Alberth Elis ou encore Mbaye Niang. Dans le sens des départs, plusieurs joueurs quittent la Gironde, à commencer par Youssouf Sabaly, Nicolas De Préville, Hatem Ben Arfa, Vukasin Jovanovic ou encore Maxime Poundjé, tous en fin de contrat. Toma Basic est lui transféré à la Lazio Rome, tandis que Yacine Adli s’engage avec l’AC Milan avant d’être immédiatement prêté aux Girondins pour terminer la saison à Bordeaux.
Sur le papier, ce groupe largement remodelé nourrit quelques espoirs. Dans les faits, l’équilibre ne sera jamais trouvé. Le début de saison est rapidement inquiétant avec une défaite à domicile contre Clermont (0-2), puis un match nul arraché au Vélodrome contre Marseille (2-2) après avoir été mené de deux buts. Bordeaux marque, parfois beaucoup, mais encaisse trop. Cette tendance deviendra le fil rouge d’un exercice où les Girondins donneront trop souvent l’impression de pouvoir exister offensivement sans jamais être capables de se protéger défensivement.
Les premières victoires arrivent, notamment contre Saint-Étienne (2-1) puis Reims (3-2), mais elles ne suffisent pas à lancer une dynamique durable. Les rencontres spectaculaires s’enchaînent, comme ce nul contre Montpellier (3-3), mais les points laissés en route pèsent vite lourd. Alberth Elis apporte de la profondeur et des buts, Hwang Ui-jo reste une valeur sûre devant, Yacine Adli conserve une influence technique importante, mais le collectif bordelais reste fragile, souvent coupé en deux et incapable de tenir un résultat.
L’hiver confirme les difficultés. Bordeaux s’écroule à Rennes (0-6), prend l’eau à Reims (0-5) et s’installe durablement dans la zone rouge. Au mois de février 2022, Vladimir Petković est écarté. Jaroslav Plasil assure brièvement l’intérim avant l’arrivée de David Guion, appelé pour tenter de sauver une équipe déjà très malade. Le mercato hivernal avait pourtant apporté de nouveaux renforts avec Marcelo, Josuha Guilavogui, Anel Ahmedhodzic ou encore Danylo Ignatenko. Mais là encore, les ajustements ne suffisent pas à réparer les déséquilibres profonds de l’effectif.
Sous David Guion, les Girondins connaissent quelques sursauts. Bordeaux s’impose contre Metz (3-1), puis contre Clermont (2-1), et entretient un temps l’espoir d’un maintien encore possible. Mais chaque éclaircie est suivie d’un nouveau coup d’arrêt. Les Marine et Blanc restent trop perméables, trop irréguliers et trop souvent punis dans les moments importants. Même les matches où l’équipe se montre généreuse ne permettent pas de masquer une réalité implacable : avec 91 buts encaissés sur la saison, Bordeaux possède la pire défense du championnat.
En Coupe de France, l’aventure est également courte. Les Girondins passent face aux Jumeaux de M’Zouasia avant de tomber dès les seizièmes de finale contre Brest. Le championnat concentre donc toute l’attention, mais la fin de saison tourne rapidement à la course contre la montre. Malgré quelques dernières tentatives pour rester en vie, Bordeaux ne parvient jamais à recoller suffisamment à ses concurrents directs.
Lors de l’ultime journée, les Girondins s’imposent à Brest (4-2), mais ce succès ne change rien au verdict final. Le FCGB termine 20e de Ligue 1 avec 31 points, 6 victoires, 13 matches nuls et 19 défaites. Après trente et une saisons consécutives passées dans l’élite, Bordeaux est relégué sportivement en Ligue 2.
Cette saison 2021-2022 restera comme l’une des plus douloureuses de l’histoire récente du club. Entre changement de propriétaire, instabilité sportive, recrutement massif, fragilité défensive chronique et rupture progressive avec le haut niveau, les Girondins auront vécu une lente chute vers la Ligue 2. Une descente historique, sportive d’abord, mais aussi symbole de plusieurs années d’erreurs, de tensions et de déclassement progressif.