En conclusion de tous ses aveux sur le Mondial 98, Christophe Dugarry, toujours sur le plateau du « Vestiaire » d’SFR Sport, a admis qu’il n’aurait certainement pas dû jouer la finale de la Coupe du Monde. Blessé, il avait pourtant pu jouer la dernière demi-heure, mais était, forcément, handicapé. L’ancien attaquant bordelais, qui était alors un joueur de… l’Olympique de Marseille, confesse pourtant n’avoir aucun regret, et ce malgré une attitude égoïste et dangereuse.
Il faut dire, le score était alors, déjà, de 2 buts à 0 en faveur des Bleus, face au Brésil ; son ami (et ex partenaire à Bordeaux) Zinédine Zidane ayant su faire le travail pour mettre à terre le Brésil.
« J’ai une déchirure qui est assez énorme : 8 centimètres, sous la cuisse, au niveau du fessier. Ma compétition parait terminée, mais, forcément, je ne veux pas quitter ce groupe, et je veux rester là le plus longtemps possible. On me demande si je veux partir, mais moi je réponds non. Donc le staff médical me dit qu’il y a une chance sur un millier de me remettre d’aplomb, mais que c’est pratiquement impossible… Mais moi je veux rester, je veux être là, être solidaire avec le groupe, donc je passe dans une autre compétition, celle pour revenir et essayer de jouer la finale, juste 5 ou 10 minutes, ou au moins être sur le banc de touche. Je me dis que ce serait déjà énorme.
(…) Je ne dois jamais jouer cette finale, j’ai une déchirure de 8 centimètres, et je n’ai même pas 3 semaines pour récupérer. Entre la veille et le jour du match, je dois faire deux infiltrations pour ne pas souffrir. Je ne sentais pas ma jambe. J’ai joué la finale de la Coupe du Monde avec une jambe ‘cassée’. Aimé Jacquet, il est venu me voir environ une douzaine de fois pour me demander si ça allait, et moi je ne lui dis jamais que ça ne va pas. C’est peut-être égoïste, car il y a Stéph’ Guivarc’h qui joue la finale mais se reblesse et que c’est encore moi qui rentre, mettant l’équipe en danger. J’aurais pu faire perdre la finale, ou ne pas pouvoir finir le match moi aussi. C’était peut-être égoïste… Mais je ne me voyais pas faire autrement, je ne pouvais pas renoncer, même à 50%. Pourtant, ce n’était pas une question d’être bon où pas bon, d’être en forme ou pas, j’étais handicapé, je courrais comme un cheval boiteux. Mais bon, c’est pas grave, je regrette pas (sourire). Car ça s’est aussi bien fini que ça avait très bien commencé. J’aurais quand même aimé marquer. »
