Girondins33

Girondins • Médias

Nicolas de Tavernost : « Ce n’était pas écrit sur leur visage. Moi, je m'étais renseigné sur GACP. »

Nicolas de Tavernost : « Ce n’était pas écrit sur leur visage. Moi, je m'étais renseigné sur GACP. »
2 septembre 2026 à 09:55Julien

Invité de l’After Foot (RMC) pour y faire le point sur plusieurs dossiers, Nicolas de Tavernost a été questionné sur la situation des Girondins.

L’ancien propriétaire du club a exprimé ses regrets en assurant avoir à l’époque « rendu un club qui n’avait pas de déficit » :

C’est une grande tristesse de voir cette situation. Nous nous sommes battus pendant dix-neuf ans. Cela n’a pas toujours été simple, d’ailleurs. Moi, je l’ai fait un peu, entre guillemets, contre mon actionnaire, parce que ce n’était pas tout à fait dans la mission de M6 de s’occuper d’un club de football. Je l’ai fait parce que Jean-Louis Triaud me l’avait demandé et parce que j’avais vécu à Bordeaux. Je pensais que nous resterions peu de temps, mais nous sommes finalement restés dix-neuf ans. Nous avons eu un parcours qui était correct. Je crois que nous avons bien géré et que nous avons rendu un club qui n’avait pas de déficit. Il y avait une équipe, qui était sixième, je crois, lorsque nous l’avons rendue. Nous avions investi dans le centre de formation et dans les infrastructures. Il y avait également un nouveau stade.

Lorsque les deux grands fonds d’investissement américains viennent vous dire : « Nous allons acheter, investir et renforcer le club », on ne sait jamais ce qui va se passer ensuite. C’est un peu comme lorsque vous vendez votre appartement : vous ne savez pas forcément si le nouveau propriétaire va le déconstruire. En plus, nous leur avions proposé un dirigeant, à l’époque, afin de conserver un esprit girondin, en la personne de Jean d’Arthuys, qui avait dirigé le club pendant deux ans. Ils ne l’ont pas choisi et n’en ont pas voulu. Nous n’avons ensuite eu aucun contact avec eux. Ils n’ont d’ailleurs cherché à en avoir aucun. […] Lorsque vous avez deux des plus gros fonds américains, Fortress et King Street, qui arrivent et vous disent qu’ils vont investir… Ce n’était pas écrit sur leur visage. Moi, je me suis renseigné sur GACP. Ils arrivaient avec Gustavo Poyet, dont on nous disait que c’était un grand entraîneur, etc.

Nicolas de Tavernost replace également la rumeur Thierry Henry en révélant le rôle crucial de l’échec de cette piste :

Nous, nous avions choisi Michel Preud’homme pour continuer à Bordeaux. Je peux d’ailleurs vous raconter une anecdote. J’étais un peu malheureux de quitter ce club, pour tout vous dire. À un moment donné, je me suis dit : « Nous allons essayer de convaincre notre actionnaire de le garder. » J’avais alors demandé à Thierry Henry, qui ne s’était pas entendu avec les Américains et ne voulait pas aller avec eux : « Thierry, si nous gardons le club, est-ce que vous restez ? » S’il avait dit oui, nous aurions gardé le club. J’aurais probablement convaincu mon actionnaire de le conserver. cela ne s’est pas joué ainsi. Mais cela ne s’est pas joué uniquement à cela. C’était une espèce de séance de rattrapage, si j’ose dire. J’étais assez triste de partir de Bordeaux. À ce moment-là, Thierry Henry entraînait les jeunes en Belgique. Il n’a pas souhaité poursuivre. Tout cela pour vous dire qu’il n’est pas facile de quitter un club après dix-neuf ans. J’y ai passé beaucoup de temps. Et puis Jean-Louis Triaud est un camarade de classe.

Concernant la situation actuelle, NdT se dit toujours en contact avec Jean-Louis Triaud, qui continue d’oeuvrer en coulisses :

Le seul contact que j’ai encore à Bordeaux est Jean-Louis Triaud, mon ami. Il s’occupe de l’association. Il essaie de sauver ce qui peut encore l’être en faisant un tour de table afin de financer l’association, y compris en Régional, s’il faut repartir en Régional, pour préserver au minimum cela. Dominique Delport, qui a d’ailleurs travaillé à M6 au tout début de sa carrière, se bat de son côté sur le plan juridique. Il considère que le tribunal de commerce, ayant validé le plan de reprise, devrait convaincre la Fédération de permettre au club de jouer en National 1 ou en National 2. Cela ne semble toutefois pas prendre une voie très favorable. Il existe un conflit juridique autour de cette affaire. Pour ma part, je n’ai jamais eu aucun contact avec Monsieur Lopez. Jamais. Je crois même ne l’avoir jamais vu. Il n’a d’ailleurs pas cherché à en avoir.

Retranscription faite par nos soins.