Hooliganisme : l'avis d'un sociologue
Sociologue bordelais, spécialiste des supporters Nicolas Hourcade, donne son avis sur les amalgames fait par les autorités : « Le hooliganisme désigne deux choses : la violence et le reste des comportements déviants en lien avec le football. Il y a un amalgame entre des comportements qui n'ont rien à voir comme la violence volontaire, l'ivresse ou la possession de cannabis dans un stade. En réalité, la violence et les faits graves sont très minoritaires chez les supporters. Entre 2006 et 2010, les statistiques du ministère de l'Intérieur avaient montré que plus des trois quarts des faits recensés portaient sur des attitudes proscrites mais avec un impact limité sur l'ordre public. À Bordeaux, les Ultras ont plutôt tendance à essayer de limiter la violence. D'ailleurs, les autorités parlent plus des fumigènes que d'autre chose. »
Nicolas Hourcade indique également une évolution importante dans le hooliganisme moderne, qui aurait tendance à s'éloigner des stades : « La police dans les stades a entraîné un déplacement. Aujourd'hui, les hooligans se bagarrent loin des stades, pour des questions de suprématie. C'est vrai en Angleterre et encore plus dans les pays de l'Est ou en Europe centrale. Quelque chose comme ça avait été déjoué lors d'un PSG-Nice, mais c'est rare en France. Cette évolution rend encore plus dommage l'attitude de la police dans les stades, qui agit encore de manière frontale, en plaçant de cordons de policiers face aux supporters. Cela ne semble pas forcément utile et peut même être contre-productif. Certains supporters peuvent prendre ça comme un défi. La police pourrait traiter la question de manière plus dépassionnée, avec plus de dialogue. Certains déploiements à l'entrée du virage sud semblent vraiment exagérés. Cela peut radicaliser les positions. »
