Girondins33

Girondins • Interview

Battiston : « On n’imagine pas, non plus, que tout ce qu’on fait est parfait… Mais on se remet en question très souvent, bien plus que certains peuvent le penser »

Battiston : « On n’imagine pas, non plus, que tout ce qu’on fait est parfait… Mais on se remet en question très souvent, bien plus que certains peuvent le penser »
7 avril 2016 à 11:57Aymeric
Toujours sur les ondes de GOLD FM, le formateur en chef des Girondins, Patrick Battiston s’est consacré à un plaidoyer haut en couleurs pour défendre le centre de formation des Marine et Blanc face aux critiques, de plus en plus nombreuses et régulières ces derniers temps.
« Comme Yannick (Stopyra) l’a dit, oui, Bordeaux attire encore les jeunes, et on en parle souvent ensemble. Certains préfèrent Bordeaux à d’autres clubs. Et dans un passé récent, beaucoup de jeunes sont montés jusqu’en pro, avec plus ou moins de réussite. Certains ont fait des matches intéressants et sont encore là maintenant. Mais bon, il y a des commentaires extérieurs, c’est vrai. On comprend… C’est de bon ton de parler. Je dirais simplement « Il faut être économe de son mépris en raison du grand nombre de nécessiteux ». Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Chateaubriand. Voilà, je m’arrête là, mais nous on sait qu’on travaille. Vous savez, on porte des jugements sur le comportement de certaines personnes, mais on ne sait pas comment on fonctionne. Sur la CFA, on dit « untel et untel, ils sont dépassés »… Mais il faut savoir que quand on parle, par exemple, de Marius Trésor, cela fait cinq ans qu’il ne fait plus les entrainements. Mais on le met toujours dans les entraîneurs… Si on voulait savoir les choses, réellement, on viendrait sur place, et on verrait. Je ne vais pas m’étendre là-dessus parce qu’il faut les laisser parler après tout. Elle fait mal cette critique, bien sûr, mais on ne peut pas s’attacher à tout. Nous, on travaille, on avance, et on continue à faire venir des joueurs, à les faire travailler et on regarde aussi si des jeunes joueurs vont en sélection… Pour certaines catégories, il y a des joueurs qui y sont, et il y en a d’autres qui ne sont pas vus car on les couve encore, mais on sait qu’il y en a qui vont arriver au haut niveau.

Et ce n’est pas un discours de façade. Il ne faut pas faire attention à tout ce qui se dit sur les réseaux sociaux, aux anciens qui veulent ci ou ça… On n’a pas fini sinon. Alors, évidemment, je ne suis pas en position de force pour parler actuellement, parce que mon équipe est dernière en CFA. Mais on en connait les raisons, on sait où on s’est planté, et ce qu’on a réussi de bien, mais aussi là où on a mal négocié les choses. On n’est pas fous quand même ! Mais on continue à travailler, pour ceux qui le nécessitent et ceux qui le méritent, car certains ne font pas tous les efforts qu’il faut et malheureusement ce sont les autres qui trinquent. Comme je vous le dit, on travaille, et on se dit que ce travail paiera à un moment ou à un autre. On a la chance d’avoir de jeunes joueurs, déjà montés en pro où ils ont montré des qualités, qui sont suivis par des clubs étrangers. Ça aboutira ou non, peu importe, car il y a peut-être beaucoup de mousse pour rien, mais notre souci est de travailler pour donner des joueurs aux pros, le plus et le plus vite possible, en tenant compte de tout ce qu’il se passe. On n’imagine pas, non plus, que tout ce qu’on fait est parfait… Mais on se remet en question très souvent, bien plus que certains peuvent le penser.

(…) Marius ? Il est toujours là, tous les jours. C’est un œil extraordinaire. Même s’il ne mène pas les entraînements, c’est quelqu’un qui a des valeurs, qui sait, qui va pouvoir avoir du recul par rapport aux entrainements et aux matches, par rapport à son idée. C’est quelqu’un de très précieux. Mon autre adjoint, Sébastien Bannier, qui est venu l’été dernier, a fait un parcours du différent. Il a un œil nouveau, il sait aussi ce qui se fait ailleurs. On peut donc comparer, on en discute, on évoque tout ça, on ne reste pas figé. Nous ne sommes pas des gens qui sommes là pour attendre que les choses se passent parce qu’on est là depuis longtemps. Il faut arrêter cette caricature et cette idiotie ! On est vraiment capable de se remettre en question. Vous pensez que notre président, Jean-Louis Triaud, ou le directeur général, Alain Deveseleer, ne sont pas derrière nous à nous demander ce qu’il se fait et se passe ? Franchement ?!? Croire ça, c’est imaginer qu’au club on laisse couler et qu’il n’y a personne qui dirige et gouverne. De toute façon, aujourd’hui, on ne respecte plus rien, on a un avis sur tout et on peut tout dire. Ce qui compte c’est juste de faire le buzz. Mais c’est comme ça, il faut vivre avec, c’est tout. Pour nous, ce qui compte c’est de préserver les joueurs. »