Ajoutant bien que « cette espèce de connivence avec les puissances de l’argent (le) choque profondément”, cet abonné au quotidien régional a eu droit à une réponse spéciale de la part de la rédaction.
« Il s’agit clairement d’une opération commerciale pour les propriétaires des stades et d’une opération de communication pour les acheteurs. Comment la presse doit-elle considérer cet état de fait ?
Chef du service des sports de “Sud Ouest”, Maryan Charruau explique la position de sa rédaction à ce sujet : “Ce stade n’avait pas de nom, maintenant il en a un. C’est son appellation officielle, comme à Nice, Arsenal ou Dortmund où l’enceinte sportive a également un nom commercial. Nous utilisons donc le terme officiel, mais dans un article de compte-rendu ou bien de commentaire, le journaliste, ne serait-ce que pour éviter les répétitions, peut aussi écrire “le nouveau stade” ou “le grand stade de Bordeaux” ou encore “le stade de Bordeaux-Lac”. Il n’y a pas d’obligation. Je crois tout simplement que dans pareil cas c’est l’usage qui s’impose. Regardez le stade de Bègles. Il s’appelle “André Moga”, mais on continue de dire et d’écrire “Musard”. Même chose pour “Chaban-Delmas” à Bordeaux que l’on appelle encore “Lescure”. Si d’aventure le public ne s’approprie pas l’appellation de “Matmut Atlantique” et en choisit une autre, nous devrons sans doute nous poser la question. Mais nous n’en sommes pas là, même si on sent bien que le nom du stade qui, d’un côté est assimilé à une publicité mettant en scène les humoristes Chevallier et Laspalès, et de l’autre emploie le mot Atlantique plus associé à Nantes qu’à Bordeaux, est loin de faire la joie des supporters. En tout cas, nous ne nous sentons ni obligés, ni connivents. Le stade porte un nom. Nous l’utilisons, voilà tout.”
Notons à ce propos que certains noms sont désormais entrés totalement dans les habitudes comme par exemple “l’Emirates Stadium” d’Arsenal que l’on ne saurait aujourd’hui désigner autrement. En France, on peut dire la même chose du “stade Michelin” de Clermont-Ferrand, à cette différence près que le fabricant de pneumatiques en est le propriétaire.
Néanmoins, la question soulevée par Monsieur Courrèges (le lecteur, abonné de longue date à Sud Ouest NDLR) a toute sa pertinence. On peut très bien comprendre qu’un journal indépendant s’interroge sur cette forme de publicité indirecte. En même temps, il paraît très difficile de passer outre l’appellation officielle. Dans les compétitions de voile par exemple, les bateaux portent tous des noms de marque et on ne peut guère faire autrement que de les citer. De la même façon, en dehors du sport, il existe de nombreuses marques dont le nom fait désormais partie du langage courant. »
