Bordeaux se fait peur !

Une nouvelle fois poussé jusqu'aux tirs aux buts, Bordeaux s'est qualifié pour les 1/8èmes de finale de la Coupe de France en allant éliminer l'US Créteil Lusitanos (2-2, 4 t.a.b à 3). Le FCGB se déplacera à Lyon lors du tour suivant.
Bordeaux se fait peur !
Rédigé par Aymeric, le 23/01/2012 à 01h34
Après avoir mis à rude épreuve la ferveur et l’engouement de son public en enchainant les mauvais résultats pendant des mois, Bordeaux joue en ce moment à un autre jeu et teste les aptitudes nerveuses de ses supporters. Déjà, contre Saint-Etienne et Valenciennes, les succès ne s’étaient dessinés qu’à la toute fin de batailles acharnées et indécises ... Et bien ce fut la même chose ce samedi soir sur la pelouse du stade Dominique Duvauchelle de Créteil (National) pour les 1/16èmes de finale de la Coupe de France. Un match non diffusé par les télévisions nationales que j’ai eu la chance de vivre dans le parcage du stade francilien, bien rempli par les nombreux supporters bordelais de la région parisienne, ainsi que par les Ultramarines, toujours fidèles,  et par les Marine et Blanc Ile de France.

Les compositions

Côté terrain, les Girondins entament le match avec une composition et un système tactique inédits cette saison. L’arrivée de Ludovic Obraniak (dont c’était le premier match avec le FCGB) permet à Francis Gillot, pourtant adepte du 4-4-2, d’expérimenter un 4-3-3 composé de titulaires habituels et des deux recrues (Carrasso – Mariano, Ciani, Planus, Trémoulinas - N’Guémo, Plasil, Sertic – Obraniak, Maurice-Belay, Gouffran).

Chez les Cristoliens, le coach Jean-Luc Vasseur aligne un 4-2-3-1 où on retrouve Sébastien Gondouin, membre de l’équipe de Saint-Maur victorieuse de Bordeaux en Coupe de France 2002, ainsi que 4 joueurs passés par la Ligue 1, notamment Thibaud Ferrand le gardien et Jean-Michel Lesage le milieu offensif (Ferrand - Lafon, Di Bartoloméo, Gondouin, Tomas - Nirlo, Laïfa - Dabo, Lesage, Partouche – Esteves). 

Créteil démarre fort mais Bordeaux s’adapte

Malgré une maitrise technique et une volonté de poser le jeu, Bordeaux est, d'entrée, bien gêné par l’agressivité et le jeu tout en spontanéité des Cristoliens, qui n’hésitent pas à tenter les uns contre uns, à provoquer balle au pied ou a chercher rapidement la profondeur pour étirer les lignes bordelaises. Pressant efficacement, les joueurs de l’US Créteil Lusitanos récupèrent beaucoup de seconds ballons et se permettent ainsi quelques frappes par Lesage (2ème et 8ème minute sur une audacieuse tentative de lob des 50 mètres) puis par Esteves bien gêné par la sortie de Carrasso (10ème). En ce début de match, Bordeaux a la possession de balle mais se trouve étouffé au milieu du terrain par une équipe qui applique bien les consignes et ne semble pas du tout intimidée.  La pression cristolienne est d’ailleurs tout proche de faire craquer Michaël Ciani, qui rate un contrôle mais parvient avec l’aide de Carrasso a revenir pour empêcher Partouche de frapper (17ème). Quelques minutes plus tard (22ème), le numéro 2 bordelais sera cette fois à créditer d’un bon retour dans les pieds d’Helder Esteves qui s’apprêtait à frapper à l’entrée de la surface après avoir crocheté Marc Planus. Dans la foulée, suite à une nouvelle attaque bordelaise avortée et à un contre cristolien, Cédric Carrasso s’envole et capte le bon centre de Dabo avant qu’il ne retombe sur la tête d’Esteves, seul au second poteau.

Passée cette entame difficile, Bordeaux refait surface et s’adapte au pressing adverse grâce à une relance plus simple et plus propre, permise par les décrochages de Grégory Sertic. Très utile dans ce registre de relayeur, le jeune formé à l’INF Clairefontaine soulage son équipe en parvenant à renverser le jeu vers le côté opposé à celui où se construit l'action, neutralisant ainsi les efforts du bloc cristolien. Principales bénéficiaires de la forme de Sertic, les doublettes des couloirs (Mariano-Obraniak à droite et Trémoulinas – Maurice-Belay) peuvent enfin se montrer dangereuses par des centres et des montées. Poussés à la faute, les joueurs de l’USCL frôlent la punition sur un centre en retrait de Mariano non repris par Gouffran dans la surface (25ème) puis sur un coup franc côté droit tiré du gauche par Obraniak … Sur le poteau (28ème) Dans la minute suivante, le corner du nouveau numéro 4 girondin est relâché par Ferrand sans que personne ne profite du cafouillage.

La mi temps est sifflée sur le score de 0-0 et sur le sentiment global que Bordeaux a laissé passer l’orage et que les locaux, pas vraiment poussé par un public pourtant présent (12 000 personnes environ pour un stade presque plein), vont lâcher physiquement au vu de leur débauche d’énergie du premier acte.

Deux fois devants, mais deux fois rejoints

Cette impression de bonne gestion du match de la part des hommes de Francis Gillot est renforcée à l’heure de jeu par l'ouverture du score tant attendue. Sur un contre d’école mené par le trio Trémoulinas – Sertic- Maurice-Belay, Bordeaux obtient un corner et laisse le nouveau venu Obraniak s’en charger. Le centre parfait de l’ancien Lillois trouve la course de Michaël Ciani, seul au second poteau, dont la tête piquée roule sous les pieds de Ferrand et termine au fond des filets. Bordeaux fait preuve de réalisme et ouvre le score au meilleur moment grâce à un Ciani, solide dans les duels jusqu’à présent, et dont la joie après sa réalisation laisse fort à penser qu’il est bien décidé à rester à Bordeaux et à y retrouver une place de titulaire.

Fort de cet avantage acquis avec maîtrise et sang froid, les joueurs au scapulaire vont pourtant se montrer bien fébriles. A l’image de l’anormal déchet technique de Landry N’Guémo et de Jaroslav Plasil, Bordeaux devient approximatif dans son jeu et dans son organisation, laissant notamment l’entrant Djellilahine s’essayer à une frappe des 25 mètres sur laquelle la parade de Cédric Carrasso sauve les siens (63ème). Le gardien international ne renouvellera pas le miracle un quart d’heure plus tard (77ème) ... Sur une action confuse Créteil parvient en effet à égaliser ! Sur un centre dans la surface, Ciani remporte son duel aérien face à l’entrant Marcel Essombé, mais ne se relève pas assez vite pour l’empêcher de reprendre, de la tête toujours, le deuxième centre de Lesage, laissé libre par Trémoulinas et Planus. 

Piqué au vif, Bordeaux réagit, mais la tête au premier poteau de Sertic sur un centre tendu de Trémoulinas est superbement repoussée sur sa ligne par Ferrand (82ème). L’ancien gardien remplaçant du Mans sera de nouveau déterminant pour stopper un penalty obtenu par Maurice-Belay à l’issue d’une bonne combinaison entre Mariano et Saivet, et tiré en force par Sertic (88ème). Le scénario du match à Saint-Etienne (où Bellion avait manqué le penalty du 2-0 à la 91ème, avant que Guilavogui n’égalise à la 95ème) hante alors tous les esprits, d’autant plus que la tête de Maurice-Belay (91ème), servi idéalement par Sertic au point de penalty, s’envole au dessus de la barre et que, à la dernière minute du temps additionnel, les Blancs de Créteil  se voient accorder un coup franc plein axe aux 20 mètres … Qui sera contré par le mur bleu marine. La fin des 90 premières minutes est donc sifflée par Mr Turpin sur un score nul de 1 but partout, signalant le début imminent de la période de prolongations.

Têtes basses face à la contre performance qu’ils ont réalisé à l’issue de ces 90 minutes, les Marine et Blanc entament pourtant les 30 minutes de "rab" de la meilleure des manières ! Sur la première action de la prolongation, le décalage de Maurice-Belay côté gauche trouve Henri Saivet (entré en jeu à la 84ème minute à la place d’Obraniak) qui s’avance aux abords de la surface, crochette  Gondouin et enroule une frappe du pied droit qui va lentement mourir sous la lucarne de Ferrand après avoir ricoché sur son poteau (91ème). Cependant, la joie bordelaise est de courte durée puisque les Aquitains retombent inexplicablement dans l’à-peu-près et donnent sur un plateau l’égalisation aux Cristoliens. Statique face à l’appel d’Essombé sur … une touche (!), Marc Planus laisse l’attaquant camerounais s’avancer dans la surface et tromper Cédric Carrasso pour s’offrir un doublé personnel (96ème). Lui qui vient à peine d’arriver dans le Val de Marne en provenance de Châteauroux et qui a fait sa rentrée à la 70ème minute de jeu, signe donc avec fracas ses premiers pas sous le maillot de Créteil et replonge les Girondins dans le doute !

Carrasso sort le grand jeu

Heureusement, le surplus de motivation et de courage offert par cette nouvelle égalisation d’Essombé ne permettra pas à Créteil d’aller chercher la victoire. Fatigués et sans doute pris par la peur de mal faire et de gâcher leur excellent match par une erreur stupide, les partenaires de Jean-Michel Lesage vont perdre le fil de la partie, à l’image de leur capitaine, auteur d’un tacle non maitrisé sur l’entrant Ben Khalfallah, qui écope d’un second carton jaune synonyme de rouge et laisse ses partenaires à 10 contre 11 (114ème). 

Nul ne sait si la présence de l'expérimenté Lesage, tireur potentiel, aurait permis à Créteil de l’emporter lors de la séance de tirs aux buts décisive. Il n’empêche c’est sans lui que l’USCL va être éliminé … Après des réussites signées Tomas, Maurice-Belay, Essombé et Trémoulinas, la tentative de Djellilahine est renvoyée des poings par un Carrasso bondissant ! Les transformations de Plasil, de Da Cruz et de Saivet donnent finalement à Bordeaux une première balle de match sur laquelle l’ancien gardien de Marseille et de Toulouse se réservera le luxe de qualifier lui-même les Girondins en renvoyant le 5ème tir d'Esteves ! 

Non sans mal (doux euphémisme), Bordeaux se qualifie donc (2-2, 4 t.a.b à 3) pour les 1/8èmes de finale de la Coupe de France. Toujours invaincus en 2012, les Girondins retrouveront le championnat de France samedi prochain en se déplaçant à Evian-Thonon-Gaillard pour essayer de continuer leur remontée au classement. Face aux Savoyards, puis face à Toulouse la semaine suivante, ils auront tout intérêt à régler leurs problèmes de régularité s’ils veulent pouvoir prétendre à un bon parcours en Coupe de France. Car le tirage n’a pas été clément avec eux et c’est à nouveau à l'extérieur, sur le terrain de Lyon, le 7 ou 8 février prochain, qu’ils devront se rendre pour aller chercher un billet pour les quarts de finale !
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