Le mal est toujours là !

Défait (0-1) à Rennes au terme d’un non match absolu, Bordeaux met fin à sa belle série, rate l’occasion de sortir de la crise et part en vacances avec une frustration maximale et des inquiétudes trop vite retrouvées.
Une-victoire,-des-regrets
Rédigé par Aymeric, le 04/05/2012 à 14h41
C’était trop beau pour être vrai ! Revenus de l’enfer grâce à leur spirale positive de ces dernières semaines, les bordelais étaient, avant leur déplacement à Rennes, aux portes de la sortie de crise et commençaient presque à voir la lumière d’une deuxième partie de saison propice au renouveau … Mais ce soir, le ciel s'est de nouveau assombri et le tunnel semble s’être encore rallongé. Une cruelle désillusion pour des joueurs, un staff et un public qui ont tant souffert depuis 2 ans et qui croyaient pouvoir passer les fêtes de fin d’année avec un moral rebootsé.

Le pire dans l’histoire, c’est qu’il y avait bel et bien des raisons d’y croire ! La déception, la frustration et la colère que l’on peut ressentir face à cet échec sont d’ailleurs bien légitimes vu que tous les voyants étaient au vert pour qu’il n’ait pas lieu. En effet, en prenant 15 points sur les 8 derniers matches, les Girondins avaient fait le nécessaire pour prendre de l’avance sur les relégables et avaient même retrouvé confiance en n’encaissant pas le moindre but pendant plus de 4 matches.  Face à eux, le Stade Rennais semblait un adversaire plus que prenable et n’arrêtait pas d’enchainer les mauvais résultats en cette fin d’année civile. Mais force est de constater que la marche décisive vers la fin de la disette était trop haute pour un Bordeaux trop fragile et coupable d’un terrible relâchement au pire des moments possibles.

Les compositions 

Privé pour la deuxième fois de suite de son récupérateur N’Guémo, blessé, Francis Gillot redonne sa chance à Grégory Sertic et réintègre David Bellion en attaque à la place d’un Diabaté décevant face à Sochaux. La seule surprise  dans le 4-4-2 bordelais est le retour de Fahid Ben Khalfallah dans 11 de départ (Carrasso – Sané, Henrique, Planus, Trémoulinas – Sertic, Plasil (cap), Ben Khalfallah, Maurice-Belay – Bellion, Gouffran).

Pour sa part, l’entraineur corse de Rennes, Frédéric Antonetti, aligne un 4-4-3 où figurent, malgré les récentes contre performances, la plupart des titulaires habituels (Costil – Téophile-Catherine, Kana-Biyik, Boye, Mavinga – M’Vila (cap), Doumbia, Pajot – Kembo-Ekoko, Montaňo, Pitroipa). 

45 minutes premières minutes poussives des deux côtés

Le match démarre timidement et même si les locaux ont un peu plus souvent le ballon ce sont les visiteurs qui l’utilisent le mieux, parvenant à trouver leurs milieux de terrain facilement et créant quelques mouvements sur les côtés. Après une première frappe  lointaine de Gouffran suite à un une-deux plein axe avec Bellion (4ème), c’est Ben Khalfallah qui parvient à s’engouffrer côté droit et part seul au but avant d’être repris, plus ou moins licitement, par le défenseur central John Boye (7ème). La deuxième frappe du match est à mettre au crédit de Jaroslav Plasil qui reprend, des 25 mètres, un coup franc de Sertic mal renvoyé par la défense rennaise et voit la balle partir au dessus de la barre transversale de Costil (12ème). Bordeaux ne domine pas vraiment, mais parvient tout de même à jouer dans le camp rennais et sur un nouveau coup franc de Sertic, la tête en arrière de Boye aurait peut-être pu se transformer en but contre son camp si elle n’avait pas directement filé dans les bras de Benoit Costil. (18ème)

Passé ce léger temps fort des Girondins, c’est Rennes qui riposte et prend le temps de préparer ses offensives de derrière en profitant du pressing trop décousu des attaquants bordelais. Une première frappe de Montaňo, légèrement excentré côté gauche à l’entrée de la surface, est d’abord captée par Carrasso (20ème), puis, deux minutes plus tard, Pitroipa fixe Sané avec ses dribbles et sert ce même Montaňo dans la surface, obligeant Henrique et Planus à une double intervention pour récupérer le ballon dans les pieds du colombien. Petite alerte bordelaise à la 30ème, sur un contre, quand Fahid Ben Khalfllah sert David Bellion côté droit dont le centre en retrait aurait sans doute trouvé Plasil, seul à l’entrée de la surface, sans un bon retour musclé de Kana-Biyik. 

Rennes se montre ensuite dangereux à la 38ème minute sur une récupération consécutive à une perte de balle de Ben Khalfallah suivie d’une ouverture en profondeur vers Pitroipa, signalé hors jeu, et qui perdra de toute façon son duel avec Cédric Carrasso. Enfin, une tête non cadrée de Montaňo sur un centre de Kembo (46ème) vient clore une première mi temps médiocre.

Brahimi, le changement qui fait du bien

Sentant que son équipe manque de fluidité dans ses transmissions et de spontanéité pour exploiter les nombreuses pertes de balles des Girondins, Frédéric Antonetti fait le pari de remplacer, dès le retour des vestiaires, son récupérateur Doumbia pour faire rentrer son meneur de jeu Yacine Brahimi, enfin remis d’une blessure l’ayant tenu éloigné des terrains ces dernières semaines. Le changement (et probablement aussi le discours d’Antonetti durant la mi temps) portent rapidement leurs fruits puisque les bretons se créent d’entrée deux occasions franches ! La première par Mavinga qui monte sur son aile gauche, exploitant la mauvaise relance de Ben Khalfallah, et sert en retrait Pitroipa dont la frappe croisée rase le poteau gauche de Carrasso (47ème). La seconde par un enchainement en une touche de balle, mené cette fois côté droit, entre Montaňo, Kembo, Pitroipa et Brahimi qui conclue le mouvement par une frappe passant à côté du poteau gauche de Carrasso (49ème).

Peu à peu, Rennes pose sa patte sur le match. Face à un Bordeaux méconnaissable par rapport à ses derniers matches, les rouge et noir n’ont aucun mal à gagner les duels dans l’entrejeu et font courir le bloc bordelais, parvenant sans trop de problèmes à le couper en deux et libérant ainsi des espaces  pour créer des offensives. A la baguette de ces vagues bretonnes on retrouve souvent Yacine Brahimi dont les décrochages incessants, le jeu en une touche de balle et les permutations avec Kembo et Pitroipa donnent le tournis à un duo Plasil – Sertic dépassé.  Il faut dire, c’est tout le collectif aquitain qui prend l’eau. Les attaquants ne pressent pas ou très peu, les duos des couloirs ne s’entendent pas sur les replis et les relances, le duo de l’entrejeu court dans le vide et les défenseurs dégagent comme ils le peuvent, n'arrivant pas à relancer proprement.

C’est donc en toute logique que ce Bordeaux, imperméable depuis environ 400 minutes (plus de 4 matches), va concéder l’ouverture du score. Sur un slalom plein axe, Jirès Kembo-Ekoko efface Sertic et Planus avant d’être stoppé par une charge d’Henrique (sanctionné d’un carton jaune). Le coup franc aux 25 mètres est tiré par Kembo lui-même et va se loger dans les filets d’un Carrasso impuissant (54ème). Masqué par la forte présence de joueurs des deux équipes dans le mur, le portier girondin ne voit pas le départ du ballon et reste donc cloué au sol, voyant le ballon retomber à moins d’un mètre de lui. Le 7ème but de la saison d'Ekoko fait mal à Bordeaux et brise la série d'invincibilité de sa défense.

Bordeaux déjà en vacances ?

Alors que le match semble bien mal embarqué pour Bordeaux on se dit (par excès d’optimisme sans doute) qu’une réaction est possible et que les derniers bons résultats du FCGB lui ont peut-être donné la force nouvelle de se relever d’un coup dur. Il n’en sera rien.Suffisance ?  Relâchement ? Effondrement physique et/ou mental ? Incapacité tactique à gérer le cas Brahimi ? Les raisons possibles pour expliquer la disparition des Girondins et leur absence totale de réaction après ce but adverse sont nombreuses et risquent de donner bien du tracas à Francis Gillot durant la trêve.  

Loin des soucis du coach bordelais, le Stade Rennais est lui tout proche de doubler la mise sur un centre-tir de Mavinga que personne ne reprend (59ème) puis sur un coup franc de Brahimi, relâché par Carrasso dans les pieds de Pajot dont la reprise à bout portant est repoussé par le gardien bordelais (63ème). Ce même Pajot, décidément maladroit dans la finition, sera ensuite trop court pour reprendre un centre de Kembo au point de penalty (67ème) et ratera enfin l’immanquable en ne cadrant pas sa tête sur un centre de Pitroipa alors que le but était vide, Carrasso l’ayant déserté pour aller gagner un premier face à face avec Kana-Biyik, monté aux avants postes et bien lancé en profondeur plein axe par M'Vila. (88ème).

Avant cela, Bordeaux aura bien eu quelques bribes d’occasions mais ni Sané de la tête sur corner (73ème), ni l’entrant Modeste sur un centre contré qui aurait pu donner (encore) lieu à un but contre son camp de Boye (76ème) puis sur une déviation ratée après un centre de Maurice-Belay (79ème) ne seront parvenus à inquiéter Benoit Costil, le portier rennais. Bordeaux réussi d'ailleurs la triste performance de ne cadrer aucun tir dans le match et n’avait donc vraiment rien à espérer.

Un seul objectif désormais : le maintien !

Tout n’est cependant pas à oublier dans cette fin d’année pour Bordeaux car si le goût final de cette première moitié de saison est des plus amers du fait de cette inquiétante défaite, le simple souvenir de la situation dans laquelle était le FCGB après les revers à Nice ou à Dijon permet de relativiser la positon actuelle du club au scapulaire. 

Au vu du classement et de la coupure qu’il y a entre les 8 premiers et les 12 derniers, qui se tiennent en 9 points seulement, Bordeaux se retrouve finalement dans la même galère que 11 de ses rivaux hexagonaux et va devoir au plus vite obtenir les 20 points qu’ils lui restent à prendre pour assurer son maintien. Avec un capital points s’élevant à 23 et une avance de 5 unités sur le premier relégable, les Girondins peuvent au moins se dire qu’ils sont dans les temps pour se sauver. Sachant qu’ils n’avaient que 8 petits points après 10 matches et qu’ils viennent d’en prendre 15 sur les 9 derniers matches, c’est déjà pas mal !
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