Bordeaux répond présent

Solides et solidaires à défaut d’être brillants, les bordelais sortent vainqueurs (1-0) de leur duel face à Sochaux, grâce à un but de l’inattendu Lamine Sané. Avec ce nouveau succès, Bordeaux compte 23 points et remonte à la 9ème place.
Une-victoire,-des-regrets
Rédigé par Aymeric, le 04/05/2012 à 14h41
Qu’on se le dise, la sortie de crise n’a jamais été aussi proche côté bordelais. Et même si tout va très vite dans le football et que Bordeaux n’est pas à l’abri d’une défaite qui ramènerait le club dans la deuxième partie du tableau, la dynamique globale qui s’est lancée petit à petit depuis la lourde défaite subie à Nice en octobre permet aujourd’hui à Bordeaux d’être l’équipe en forme du moment et de se reposer sur des certitudes inédites depuis presque 2 ans. En gagnant son 3ème match de suite à domicile (son 5ème en tout), en continuant son excellente série de 15 point pris sur les 8 derniers matches (dont 10 sur 12 lors des 4 derniers) et en n’encaissant pas de but pour la quatrième fois consécutive, les Girondins confirment encore leur renouveau ! A tel point que l’on se dit (prudence oblige) que la trêve arrive un peu vite et risque de casser cette dynamique.

C’est aussi ce qu’on disait après la défaite à Dijon (faisant déjà suite à une trêve internationale) ou en apprenant le forfait de Landry N’Guémo, blessé pour ce match. Mais force est de constater que le Bordeaux du moment est capable de se remettre d’une défaite ou de l’absence d’un cadre. Face à Sochaux, c’est cette deuxième option qui a eu lieu et qui a forcé Francis Gillot a n’aligner aucun récupérateur « pur » dans son 4-4-2, où Cheick Diabaté redevient titulaire à la place d’un David Bellion sans doute encore trop juste physiquement pour jouer sur les terrains gras des soirs d’hiver (Carrasso – Sané, Henrique, Planus, Trémoulinas – Sertic, Plasil (cap), Saivet, Maurice-Belay – Diabaté, Gouffran). Côté doubiste, le successeur de Gillot, Mecha Bazdarevic, aligne un 4-4-2 peu différent de celui des Girondins et dans lequel son maître à jouer Marvin Martin, blessé, fait défaut (Richert (cap), Corchia, Peybernes, Bréchet, Sauget – Anin, Nogueira, Boudebouz, Roudet – Butin, Maïga).

Le coup d’envoi est donné et c’est Bordeaux qui met le pied sur le ballon, sans être bien dangereux cependant. Un premier corner de Plasil (2ème) repoussé par Teddy Richert du poing et une tête non cadrée de Sané sur un corner de Sertic (7ème) sont les premières bribes d’occasions des marine et blanc. Sochaux riposte par deux montées de Sauget, la première ponctuée par une frappe de loin qui s’envole dans les nuages (9ème), la deuxième par un centre de Roudet qui atterrit au point de penalty où Benoit Trémoulinas veille au grain  (11ème). 

Sané – Gouffran : duo gagnant 

Au quart d’heure de jeu, le match s’anime ! C’est d’abord Anin qui lance Butin en profondeur face à Carrasso et voit son coéquipier perdre son duel, la faute à un bon réflexe du pied du portier girondin (15ème). Puis c’est Sertic (17ème) qui décoche une frappe des 20 mètres dont la trajectoire passe de peu à côté du poteau droit de Sochaux. Maïga riposte sur l’action suivante et profite du fait de ne pas être attaqué pour frapper lui aussi des 20 mètres et mettre une nouvelle fois Carrasso en lumière. Enfin, la tête de Sané sur corner, bien bloqué par Richet (19ème) sera la dernière situation dangereuse avant la concrétisation … Sur un mauvais contrôle de Diabaté dos au but, la défense sochalienne se relance très mal et renvoie le ballon sur Sané, en position haute. Le latéral bordelais s’appuie sur Gouffran dos au but et s’avance pour solliciter le une-deux, un message bien compris par l’ancien caennais qui fixe son défenseur et ressert son numéro 6 qui fusille Richert d’une frappe à raz de terre passant entre ses jambes ! On joue alors la 22ème minute de jeu et Bordeaux mène 1-0, grâce au premier but de Lamine Sané cette saison (on vous l’avait dit !) et à la première passe décisive de Yoan Gouffran.

Dans la foulée de cette ouverture du score, Bordeaux accélère et – comme souvent – c’est de Nicolas Maurice-Belay que vient le danger. Sur un nouveau duel aérien perdu par Diabaté, Plasil récupère plein axe et décale Maurice-Belay dont le centre tendu passe juste devant Gouffran, seul au premier poteau, qui s’était bien jeté (28ème). Le ballon file jusqu’à Saivet qui centre à son tour, avec aussi peu de réussite que son alter ego du côté gauche, lequel est de nouveau présent pour récupérer et décaler Trémoulinas en retrait, mais la frappe du latéral gauche est bien trop molle pour surprendre Richert. 

Ayant manqué de peu de doubler la mise, Bordeaux ne tente pas le diable et choisit de ralentir la cadence. Les 15 dernières minutes de la première mi temps seront ainsi plus calmes que la première demie heure. Seules une frappe de loin de Maurice-Belay dans les gants de Richert (33ème) et un coup franc juste au dessus de Boudebouz (38ème) viendront créer le danger. Arrive le moment de grâce de Cheick Diabaté, qui enchaine depuis les 20 mètres un contrôle poitrine et une frappe en pivot du droit qui oblige Richert à une belle claquette (44ème). Au terme d’une première mi temps indécise et rythmée, Bordeaux regagne les vestiaires sur un score favorable de 1-0. 

Parole à la défense

Revenus sur le terrain après la pause, les 22 joueurs semblent souffrir de l’état du terrain qui se dégrade petit à petit. Plombées physiquement et techniquement, les deux équipes entrent dans un bras de fer mental dans lequel Bordeaux va tester sa solidité retrouvée. 

Avec cette nouvelle physionomie, il y a logiquement très peu d’occasions à se mettre sous la dent lors des 45 dernières minutes. Quelques frappes de loin non cadrées (Anin à la 49ème, Corchia à la 62ème), une tête à côté de Sané sur coup franc (54ème), trois coups francs de Corchia et Roudet repoussés des poings ou captés par Carrasso (64ème, 70ème et 73ème), un tir à côté de Modeste sur un contre bordelais (78ème) et une situation litigieuse dans la surface de réparation entre Henrique et Maîga (66ème) seront les timides moments forts d’une mi temps crispante pour les nerfs.

Une mi temps durant laquelle c’est tout de même Sochaux qui fera meilleure figure, gagnant les duels au milieu et contrant facilement les attaques bordelais. Souverains dans les airs et sur les passes en profondeur de leurs adversaires, Carlos Henrique et Marc Planus sont mis à l’épreuve et se montrent précis dans leurs interventions. Bien aidés par un Sertic bien placé pour aider à la relance et par des latéraux accrocheurs, la charnière aquitaine demeure impériale et sera une nouvelle fois à la base de la performance aquitaine. Mais sous l’impulsion de ses défenseurs, c’est en fait tout le bloc bordelais qui va travailler pour conserver un résultat durement acquis. Un travail peu valorisant et peu enthousiasmant, mais terriblement utile !

Intervenus entre la 56ème et la 84ème, les changements effectués par les deux coaches (Jussiê, Modeste et Ben Khalfallah pour Saivet, Diabaté et Gouffran côté FCGB, Bakambu, Camara et Mikari pour Butin, Boudebouz et Nogueira côté FCSM) n’apportent pas grand-chose sur le plan technique ou tactique, mais permettent d’apporter aux deux équipes  un surplus de combativité non négligeable dans un match où il en fallait une bonne dose.

Le coup de sifflet libérateur de Mr Fautrel est finalement accueilli avec soulagement et satisfaction par les plus de 23 000 spectateurs du stade Chaban-Delmas qui sont, au fil du temps de plus en plus rassurés par l’envie, le jeu et la solidarité qu’affichent leurs protégés. De là à se laisser de nouveau séduire ? Pas tout à fait encore !
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