Bordeaux reste à quai
Toujours relégables après leur nul (1-1) à domicile contre Brest, les bordelais avaient ouvert le score par Gouffran mais se sont fait trop vite rejoindre.

« Caramba, encore raté ! ». A la manière du perroquet dans « L’oreille cassée » (les tintinophiles verront la référence), les bordelais s’abonnent aux déclarations et aux constats d’échec post-match. Car comme contre Auxerre, Lille et Montpellier, Bordeaux a mené ; mais comme contre Auxerre, Lille et Montpellier, Bordeaux n’a pas gagné, se faisant à chaque fois rejoindre et concédant le match nul.
Pour ce choc du bas de tableau, les deux équipes alignent des équipes assez classiques. Si on excepte la re-titularisation de Fahid Ben Khalfallah sur le flanc droit, le 11 bordelais, renforcé par les retours de suspension de Marc Planus et Landry N’Guémo, est sans surprise (Carrasso – Sané, Ciani, Planus, Trémoulinas – Ben Khalfallah, Plasil (cap), N’Guémo, Maurice-Belay – Diabaté, Gouffran). Idem côté brestois où le seul Larsen Touré, remplaçant de Lesoimier, fait office « d’invité surprise » dans le 11 de départ d’Alex Dupont (Elana – Baysse, Martial, Zébina (cap), Lorenzi – Culma, Licka – L. Touré, Grougi, Ben Basat – Roux).
Entame brestoise et réaction bordelaise
Comme on pouvait le craindre avant le coup d’envoi, ce sont les visiteurs qui entament le mieux la partie et qui profitent de la fébrilité des bordelais pour se montrer dangereux. Il faut dire, Bordeaux donne le bâton pour se faire battre car la première situation chaude sur les buts bordelais vient de … Carrasso ! Dés la 2ème minute le portier international rate sa sortie et relâche le ballon avant que Sané, sous la pression, ne dégage en catastrophe, donnant le ballon à Nolan Roux lequel frappe mais ne cadre pas. 2 minutes plus tard Brest exploite parfaitement un corner mal tiré par Bordeaux pour placer un contre sur lequel le même Roux, lancé en profondeur par Licka trouve le poteau de Carrasso.
Dominés en vitesse et surpris par les relances rapides de
Brest, Bordeaux muscle le jeu et de commence un pressing. Tour à
tour Ben Khalfallah, Diabaté, Gouffran et Maurice-Belay viennent gêner les
défenseurs adverses et permettent à leur équipe de récupérer plus facilement le
ballon. Pas très élégant mais fort utile
dans ce registre Diabaté met la pression sur l’expérimenté Zébina (ex Juventus
Turin et AS Rome) et soulage ainsi son bloc. Le malien se crée même une première occasion de but à la 11ème
minute en récupérant un ballon en profondeur au nez et à la barbe du gardien
Elana, mais en tardant à frapper. Le
schéma se répète quelques minutes plus tard, mais cette fois l’ancien bordelais
Paul Baysse parvient à couper la trajectoire devant Diabaté.
Après une première frappe cadrée mais peu
dangereuse de Plasil sur coup franc à la 17ème, le rythme du match
retombe. Ce qui profite à Brest qui parvient à contourner intelligemment le
pressing bordelais en renversant vite le jeu grâce à son duo de récupérateurs
Culma-Licka. Ces derniers distribuent bien sur les côtés et utilisent
les mouvements de Grougi entre les lignes et les déplacements de Roux sur les côtés pour amorcer quelques mouvements
intéressants, heureusement bien lus par les défenseurs bordelais, qui
gagnent leurs duels quand le ballon arrive dans leur zone.
20ème minute, déboulé de Gouffran sur l’aile gauche et centre contré qui donne un corner. Plasil se charge de le tirer et trouve Sané dont la tête vient lécher le poteau d’Elana. Dans l’action qui suit cette opportunité de but, Plasil se fait subtiliser le ballon plein axe par Ben Basat. L’israélien pénètre dans la surface avant d’être repris par Planus … Licitement selon l’arbitre Mr Millot. (Les images lui donneront pourtant tort, mais - chauvinisme oblige - on ne va pas s'en plaindre)
Alors que Brest commence vraiment à prendre l’ascendant tactique au milieu de terrain, c’est Bordeaux qui va animer la fin de première mi temps en se créant deux belles situations. Sur la première, à la 27ème, Fahid Ben Khalfallah déborde côté droit et sert Gouffran qui croise trop sa frappe. Sur la seconde, à la 42ème, c’est encore Ben Khalfallah qui passe entre Zébina et Lorenzi, mais qui frappe dans le petit filet alors que, cette fois, un centre en retrait pour Diabaté semblait plus judicieux.
Le réalisme fait la différence
La deuxième mi temps repart sur un rythme différent, les bordelais mettent plus de vitesse dans leur jeu et diminuent les touches de balles (avec un certain déchet technique) ce qui fait toutefois courir les brestois et les force à commettre des fautes, notamment sur Belay dont les dribbles souvent réussis sont à la base de presque tous les mouvements aquitains. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, si l’ouverture du score des Girondins à la 52ème vient d’une faute obtenue par leur numéro 19 ! Sur un coup franc obtenu donc par l’ancien sochalien, Plasil cède son rôle de tireur à Ben Khalfallah, mais profite de sa liberté pour proposer une solution de passe au tunisien. Servi à l’entrée de la surface, le tchèque arme une lourde frappe que Steeve Elana repousse péniblement des deux poings mais qui revient sur Yoan Gouffran dont la frappe de demi-volée fait trembler les filets du gardien breton ! Légèrement hors jeu sur la frappe de son capitaine, Gouffran aurait du voir son but refusé … Mais le deuxième but de la saison de l’ancien caennais est validé et Bordeaux mène 1 à 0 !
Ragaillardis par cette ouverture du score laborieuse mais
ô combien précieuse Bordeaux multiplie les percées sur les côtés, notamment à gauche où
Trémoulinas est, comme à son habitude, très présent offensivement. Les corners et les coup francs sont aussi de plus en plus nombreux. Des coups de pieds arrêtés sur lesquels ni Diabaté, ni Planus ne
parviennent à mettre assez de force dans leurs déviations de la tête pour
tromper un Elana serein.
Mis en difficulté pendant un gros quart d’heure, le Stade Brestois va pourtant réagir … 63ème minute : combinaison côté droit de l’attaque brestoise, Larsen Touré déborde et centre pour Roux, démarqué au premier poteau, qui tente une talonnade façon « Madjer » mais rate le ballon. Jaillissant devant Sané, Ben Basat lui ne rate pas la balle et fusille Carrasso de près. Brest égalise sur sa première occasion nette depuis le poteau de Roux à la 4ème et renvoie Bordeaux à ses doutes.
Elana était chaud
Pas complètements sonnés par un scénario de match qui leur
est encore défavorable, les hommes au scapulaire tentent de reprendre immédiatement l'avantage. Mais les frappes de
loin de Michael Ciani et de Landry N’Guémo aux 65ème et 66ème
minutes sont magnifiquement détournées par un Elana très en forme.
La fin de match est tendue, les deux équipes sont volontaires mais fébriles et le ballon va d’un but à l’autre sans qu’il n’y ait de vrai danger de but, si ce n’est une frappe raté de Diabaté à la 82ème après une combinaison axiale entre les entrants Saivet et Bellion. Plus frais physiquement que leurs adversaires, Bordeaux domine nettement la toute fin de match et fait littéralement le siège du camp breton en multipliant les centres et les tentatives de décalages, mais ni David Bellion, qui ne cadre pas tête sur un centre d'Henri Saivet, ni Nicolas Maurice-Belay après un belle incursion dans la surface ne tromperont un Steeve Elana, décidément dans un grand soir.
Le match s’achève sur un score de 1-1. Sans dire que le match a été bon, il n’a pas été mauvais non plus et c’est encore et toujours le manque de réalisme offensif de Bordeaux conjugué à des erreurs défensives payées cash qui empêchent le FCGB de gagner un match pourtant à sa portée. Si Brest reste la seule équipe de L1 à ne toujours pas avoir gagné un match cette saison (9 nuls et 2 défaites) l’équipe finistériene reste toujours devant celle de Bordeaux avec le même nombre de points (9) mais une meilleure différence de buts. Pour Bordeaux, la situation se complique encore un peu plus et le déplacement la semaine prochaine chez le promu Ajaccio, également relégable, va valoir cher.