Un Bordeaux sans âme

 Punis (1-3) par des stéphanois archi réalistes, Bordeaux est éliminé d’entrée de la Coupe de la Ligue.
Une-victoire,-des-regrets
Rédigé par Aymeric, le 04/05/2012 à 14h41
Au moins, les (nombreux) anti-Coupe de la Ligue pourront se dire que Bordeaux ne gaspillera pas ses forces dans une compétition qui ne les passionne pas … C’est bien là la seule petite nuance à mettre à la soirée bordelaise qui fut bien sombre en tous points. Logiquement battus par des stéphanois, plus cohérents dans le jeu, dans l’organisation, plus réalistes et plus intelligents dans leur gestion du match, les bordelais ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, car malgré les nombreux absents il y avait la place de faire beaucoup mieux.

Les absences étaient de toute façon un point commun aux deux équipes à cause des blessures et de la non présence des internationaux des deux camps. Il serait donc malvenu de se cacher derrière ça pour expliquer la défaite. Au vu du contexte connu d’avance, c’est donc deux équipes plus ou moins « B » qui ont été alignés hier soir par Francis Gillot (Olimpa – Chalmé, Ciani, Planus (c), Marange – Sané, Sertic, Ben Khalfallah, Trémoulinas – Gouffran, Modeste) et Christophe Galtier (Ruffier - Ghoulam, Marchal, Mignot, Zouma - Perrin (C), Batlles, Lemoine - Sako Aubameyang Saadi). 

Un premier quart d’heure complètement fou

En réussite à Valenciennes grâce à une force mentale qui a compensée une production très brouillonne dans le jeu et permis de l’emporter sur la fin, les girondins ont cette fois été plombés d’entrée par un fait de match qui aurait encore une fois pu être évitable. On joue la 2ème minute et l’AS Saint-Etienne obtient son premier corner du match. Le ballon arrive dans la surface et est cafouillé par les joueurs de champ des deux équipes. Dans la confusion, un tir stéphanois est repoussé par Olimpa, roule le long de la ligne de but et revient sur Trémoulinas qui rate son dégagement, gêné par Olimpa, et marque contre son camp ! Le pire début possible pour les marine et blanc … qui pourtant font bonne figure dans cette entame de match et construisent quelques mouvements intéressants. Des bonnes intentions qui vont être récompensées à la 10ème minute de jeu par une rapide égalisation. Parti de son côté gauche, Benoit Trémoulinas percute, rentre dans l’axe et trouve un appui sur Anthony Modeste. L’ancien angevin joue bien le une-deux et offre une position de tir à son équipier, qui conclut d’une frappe croisée du gauche !

Revenus à 1-1, Bordeaux sème un léger doute dans l’esprit des stéphanois et se procure une occasion nette de prendre l’avantage. Sur un centre tendu de Lamine Sané, Stéphane Ruffier rate sa sortie et repousse le ballon sur Grégory Sertic qui tente, depuis les 20 mètres, une tête astucieuse qui lobe le portier des Verts Ruffier mais ne trompe pas Sylvain Marchal qui dégage sur sa ligne. Dans la foulée, le match bascule en faveur des Verts ! Après une première alerte sur corner et un sauvetage sur sa ligne de Trémoulinas (encore lui !), la deuxième vague sera la bonne pour « Sainté ». Sur une accélération fulgurante d’Aubameyang suivie d’un centre au cordeau, le jeune Saadi oblige Olimpa à une belle parade. Le ballon revient néanmoins sur Batlles, qui gagne son duel face à la défense bordelaise et sert Sako qui redonne l’avantage à son équipe d’une lourde frappe à bout portant. Après 16 minutes, Saint-Etienne mène 2-1 et commence à poser sa patte sur la rencontre. 

Bordeaux dominé tactiquement … 

Forts de leur avantage au score, les stéphanois vont peu à peu tisser leur toile au milieu du terrain et prendre l’avantage sur des bordelais encore trop timides dans les duels et trop peu tranchants dans les passes et les accélérations. Symbole de l’emprise stéphanoise dans l’entrejeu, le trio Perrin-Batlles-Lemoine fait des ravages à la récupération et profite de sa supériorité numérique sur les deux milieux axiaux bordelais (Sertic et Sané) pour relancer proprement vers les ailes où la vitesse de Sako et d’Aubameyang combiné aux bons déplacements de Saadi mettent Bordeaux dans le dur. En phase défensive, l’équipe de Galtier reste disciplinée et s’adapte sans problème aux tentatives de construction bordelaises en quadrillant parfaitement sa moitié de terrain et en exploitant à merveille l’endurance de ses joueurs de couloirs pour en faire les premiers défenseurs de l’équipe, mais aussi ses premiers contre attaquants lors de chaque récupération haute. C’est d’ailleurs sur une de leurs nombreuses récupérations aux alentours du rond central que les Verts vont frôler le break à la 40ème minute … Profitant d’une perte de balle de Sertic et d’une projection rapide vers l’avant de ses équipiers, Laurent Batlles s’engouffre dans l’axe (où le déplacement de Saadi a libéré l’espace) pour frapper des 30 mètres. Impuissant sur ce coup de canon, Kévin Olimpa ne peut que s’estimer heureux que le ballon atterrisse sur son poteau plutôt que dans ses filets.  

… Et incapable de réagir

Comme si la domination stéphanoise ne suffisait pas, la malchance fait alors son arrivée et vient encore frapper les bordelais. Pas de but adverse cette fois, mais une blessure. Celle (encore) de Marc Planus, capitaine d’un soir en l’absence de Plasil, qui doit céder sa place dès la 42ème minute. (Apparemment il s’agit d’une simple douleur et non d’une blessure). Jussiê entre donc en jeu et prend la place de Sané au milieu, le sénégalais redescendant en charnière centrale pour prendre la place de Planus. Dans la foulée de ce changement, Bordeaux se montre enfin dangereux, mais Ruffier veille et repousse la frappe de Modeste en angle fermé. La mi temps est sifflée sur cette action.

Au retour des vestiaires la configuration du match ne change pas. Toujours mis à mal dans les duels au milieu, Bordeaux n’arrive pas à créer de décalage et s’enferme dans un schéma stéréotypé où le ballon va d’un côté à l’autre sans que personne n’arrive à accélérer le jeu. La participation des latéraux est stérile et les quelques centres de Chalmé, Ben Khalfallah, Jussiê ou Trémoulinas sont trop facilement renvoyés par l’ASSE. Même les coups de pieds arrêtés, habituel point fort des aquitains, sont galvaudés. Les seules vraies « animations » de cette seconde mi temps seront à mettre encore au crédit des locaux. La première, on s’en serait bien passé, est la grave blessure de Loïc Perrin qui se déchire les ligaments croisés sur un appui malheureux ; la seconde (on s’en serait bien passé aussi, mais elle était quasi inévitable) est un troisième but stéphanois, inscrit à la 57ème sur une énième attaque rapide des Verts faisant suite à une perte de balle plein axe de Bordeaux. Le timing entre la passe de Lemoine et l’appel croisé d’Aubameyang est parfait et l’ancien monégasque s’en va tranquillement battre Olimpa pour parachever la nette victoire des siens.

Vite (re)trouver une cohésion 

Pour « célébrer » cette défaite girondine, la météo s’en mêle et les 20 dernières minutes se disputent sous une pluie orageuse, au cours de laquelle une anecdotique dernière occasion girondine (débordement de Maurice-Belay côté gauche et centre pour la reprise de volée de Sertic arrêtée par Ruffier) viendra clôturer un match d’ensemble assez moyen et une prestation bordelaise franchement mauvaise. A signaler, la légère blessure de Trémoulinas (touché à l’adducteur visiblement), la timide rentrée en jeu (mais on lui pardonnera volontiers) du jeune Evan Chevalier et la volatilité du brassard de capitaine qui aura été tour à tour porté par Marc Planus, Benoit Trémoulinas et … Florian Marange. Ne reste plus qu’à espérer que les prochains jours seront bien utilisés par Francis Gillot et son staff pour (re)mettre un peu d’ordre dans les têtes et dans le jeu bordelais et que le retour des cadres (Plasil, N’Guémo, Carrasso) redonne un semblant d’allure et de cohésion à une équipe qui en a cruellement manqué hier.

Aymeric,
Crédit Image : Girondins.com
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