Rédigé par Julien, le 28/08/2010 à 10h30
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L'histoire d'une rivalité
Second volet de notre édition spéciale Bordeaux - Marseille avec toujours à la baguette de cet article les excellents Loic et Aymeric !
Comme nous venons de vous l’expliquer en détail (voir la première partie), Bordeaux et Marseille sont deux clubs que tout oppose. Maintenant nous allons en venir à ce qui nous intéresse pour dimanche, l’historique des confrontations entre ces deux puissances. Retour sur le vrai classique du championnat Français …
DEUXIEME PARTIE : BORDEAUX – MARSEILLE : L’HISTOIRE D’UNE RIVALITE
« Une lutte loyale »
Tout d’abord replaçons les choses dans leur contexte. Bordeaux et Marseille sont deux clubs très anciens qui comptabilisent 15 titres de champions a eux deux, (9 pour l’OM et 6 pour les Girondins),des coupes de France à la pelle, 13 au total ( 10 coté phocéens, 3 coté girondins) des centaines de matches Européen Marseille. Bref, l’OM et Bordeaux sont incontestablement deux poids lourds du football hexagonal. La première rencontre à enjeux entre Bordelais et Marseillais a lieu pour la finale de Coupe de France 1943 au stade de Colombes en région parisienne.
Et déjà des petites histoires entre amis commencent. Sur le terrain le match se termine à 2-2, et comme le veut le règlement de l’époque, le match est à rejouer. Mais au cours de ce match les Bordelais on aligné un joueur qui n’aurait jamais du entrer sur la pelouse. Résultat le match aurait du être gagné sur tapis vert par les Phocéens. Sauf, que le Ministre des Sports de l’époque, le colonel Pasquot, ne l’entend pas de cette oreille et décide de maintenir le match à rejouer car pour lui " le sport est une lutte loyale (…) je ne peux admettre qu'il trouve ses décisions ailleurs que sur le terrain de jeu. Je crois que vous m'avez compris. Bonne chance!". Heureusement pour l’éthique (Dominique Rocheteau et sa fameuse Commission de l’ Éthique n’étaient pas encore là. Dommage) l’OM écrase les Girondins 4-0.
La prochaine rencontre à enjeux entre les deux faux jumeaux, a lieu 26 ans plus tard, en 1969, toujours pour la même chose : une finale de coupe de France. Et encore une fois une petite histoire des familles vient mettre le bazar dans ce match. Les Bordelais et en premier lieu leur capitaine, Guy Calleja, doutent de la régularité de la présence de certains joueurs Marseillais et notamment de celui qui battra Bordeaux à lui seul, l’attaquant Magnusson. Celui-ci cassera les reins des défenseurs aquitains durant tout le match et L’OM battra Bordeaux 2-0, remportant déjà sa 7e coupe de France. A cette époque, Marseille commence à devenir le chat noir de Bordeaux.
Le calme avant la tempête …
Pendant des années c’est le vide. Plus de rencontre alléchante à se mettre sous la dent durant presque 15 ans. C’était avant l’arrivé des deux plus charismatiques Président Français, Claude Bez pour Bordeaux et Bernard Tapie pour Marseille.
Claude Bez a une formation d’expert comptable et il est d’abord trésorier du club bordelais avant d’en devenir le dirigeant. Il arrive aux Girondins durant l’été 78. Son plan avec les girondins est simple, faire de Bordeaux le nouveau roi du championnat français. Pour cela, il va miser tout d’abord sur la construction d’un domaine sportif, la plaine des sports du Haillan. Dans son recrutement, Bez prendra beaucoup de joueurs en fin de contrat en leur offrant un gros salaire pour défendre les couleurs du club.
Bernard Tapie lui, est un vrai homme d’affaire, il réussi déjà pleinement sa vie avant d’être a la tête de l’Olympique de Marseille, notamment dans le cyclisme (il dirige l’équipe de Bernard Hinault vainqueur des tours de France 85 & 86), il sera par la suite directeur d’Adidas. Tapie voudra non seulement faire de l’OM les rois de France mais aussi les maîtres de l’’Europe… Son plan à lui est très simple également, acheter, acheter beaucoup même, joueurs comme entraineurs. Quand Claude Bez arrive à la présidence du club Aquitain en 1978, la popularité, l’engouement autour du club sont au plus bas à Bordeaux. Et c’est d’ailleurs ce que lui dira l’entraîneur Aimé Jacquet quand Bez lui indiquera sa façon de reconstruire le FC Girondins de Bordeaux, « On y arrivera jamais » affirma Jacquet. Mais comme partout ce sont les victoires qui font venir les gens au stade, or quand Bez arrive, les Girondins n’ont plus rien remporté depuis 28 ans… Bernard Tapie arrive lui en 1986 sur le trône du club Phocéen. L’Olympique de Marseille reste sur une descente en deuxième division 6 ans plus tôt et sur une liquidation judiciaire l’année suivante. C’est le vide total à Marseille qui a du vendre toutes ses stars, et ne garder que les « minots » pour s’en sortir.
Bordeaux a donc une avance considérable sur l’OM au moment du rachat du club par Tapie, car en 84, Bez et Bordeaux remportent leur premier trophée (en l’occurrence le titre de champions de France), le premier depuis 34ans pour Bordeaux !! L’année suivante Bordeaux restera sur sa lancée et glanera un nouveau titre de Champion de France. En 1986, la rivalité Bordeaux-Marseille prend donc une autre tournure. Bordeaux est au sommet de la première Division, et Bez ne voit pas d’un bon œil le fait que Tapie prenne de plus en plus d’importance. Ce sera juste avant la finale de Coupe de France de cette année 1986 entre Bordeaux et Marseille que les premières déclarations vont fuser. Bez critiquera ouvertement Tapie, le qualifiant d’ « escroc » et de « charlatan », pour avoir approché son joueur Jean Tigana dans le dos des Girondins juste avant la finale. Coté terrain, les Girondins, favoris, se font accrocher par de surprenants Marseillais. A la fin du temps réglementaire le score est de 1-1, but de Diallo pour l’OM et égalisation de Tigana pour Bordeaux. On joue la 117e minute quand Giresse reprend un centre, contrôle et met une merveille de lob qui bat le gardien Olympien. Polémique encore, l’OM cri au scandale car sur l’action du but, l’arbitre central n’a pas sifflé une faute, pourtant signalée par son assistant. Bordeaux remporte son premier gros match contre Marseille. Bez- Tapie : 1-0.
« Il n’est plus fait pour le football »
Coup de massue sur le championnat Français durant l’été 86. Au retour de la Coupe du Monde, Alain Giresse le Girondin, l’enfant du pays, fait ses valises et quitte le navire Bordelais pour rejoindre… Marseille ! Un véritable coup de poignard pour Claude Bez qui déclare aigri, « Giresse n’est plus fait pour le football, c’est un joueur fini. Personne ne le regrettera ici » Bez 1 Tapie 1.
Le championnat 86-87 a comme un air de match de boxe, seulement deux équipes, Bordeaux et Marseille vont lutter pour le titre, avec les deux drôles de « chefs cuisiniers» à leur tête. C’est donc un mano à mano très pimenté entre Bordelais et Marseillais qui se produira tout le long du championnat, avec des épisodes très croustillants au cours de l’année. Notamment lors du match retour à Bordeaux. C’est la première fois que Giresse revient à Lescure. Et le moins qu’on puisse dire c’est que Bordeaux a mis en place un vrai plan « anti-Giresse ». Le président bordelais a même enlevé la photo de Gigi dans le magazine d’avant match pour la remplacer par un point d’interrogation … Après seulement 22 minutes, le Bucheron Allemand des Girondins Gernot Rohr tacle très durement Giresse. Expulsion, Bordeaux joue à dix, mais plus pour longtemps car juste avant la mi-temps, Diallo ce fait expulser coté Marseillais. Bordeaux remporte le match 3-0 et part récupérer « sa » couronne perdue l’année d’avant au profit du PSG. Bez 2 Tapie 1.
Une fois n’est pas coutume, lors de cette même année la finale de la Coupe de France 87, va encore opposer… Bordeaux et Marseille. Le climat est tendu, en témoigne la déclaration du Président Bez après le match qui dira « être déçu pour le journal l’Equipe, qui à tout monté en épingle pour que le climat soit délétère ». Sur la pelouse, le match est moins compliqué pour les Girondins qu’un an auparavant. Et même si les marseillais ratent un penalty, Bordeaux remporte cette finale aisément 2-0, avec un Tigana hors-norme. Toujours interrogé par un journaliste, qui lui demanda après la victoire si il ira saluer le président adverse, Claude Bez déclare, « Non ! bien sur que non ! » Bez 3 Tapie 1.
Mais paradoxalement cette victoire marque comme le début de la fin pour les Girondins sous l’ère Bez, et le « début du début » pour l’OM de Tapie. Deux petites années de transition passent. En 88, Monaco succède aux Girondins, qui finissent 2e tout de même, puis en 89 c’est Marseille qui remporte son premier titre sous l’ère Tapis, Bordeaux finira dans le ventre mou cette année là. Bez 3 Tapis 2
C’est bien l’année suivante que les deux poids lourds des années 80 vont une nouvelle fois lutter pour le titre. Claude Bez prévient d’entrée : « on ira à Marseille avec 7 ou 8 points d’avance ». Au match aller les Bordelais gagnent 3-0, au match retour Claude Bez arrive à Marseille à bord d’une Cadillac noire immatriculé 33. Et pour encore plus montrer sa domination, il se fait ouvrir les portes de la tribune présidentielle pour aller s’assoir à sa place. Une Humiliation pour Tapie. Bez 4 Tapie 2.
Malheureusement pour Bez, l’OM remporte ce match 2-0, un doublé de Waddle, pourtant moqué par l’entraineur Bordelais, Raymond Goethals, quelque mois plus tôt. La passation de pouvoir est faite, l’OM remporte le championnat et la Coupe France cette année là. Bez 4 Tapie 3
S’en suit une véritable descente aux enfers pour les Girondins de Bordeaux, le club a un déficit de plus de 300 millions de Francs. Le club est rétrogradé administrativement en deuxième division. Bez passera par la case prison pour s’être gardé quelques millions dans les poches. Et pendant que l’un chute, l’autre grimpe. Et grimpe même très haut puisque l’OM ira toucher les sommets en remportant la Ligue des Champions en 1993. Là où Bez s’est arrêté en demie finale (défaite en 85 face à la Juventus), Tapie lui va au bout. Bez 4 Tapie 4
Et comme l’un ne fait rien sans l’autre, Tapie aussi passera lui aussi par la case prison pour corruption après l’affaire VA-OM en 1993. Une descente en deuxième division également pour l’Olympique de Marseille, cette descente viendra clôturer la fin de la domination Bordeaux- OM des années 80-90.
Il faudra 10 ans aux deux clubs pour s’en remettre, et les revoir s’affronter au sommet du championnat Français.
L’année des records
9 ans s’écoulent donc, avant la prochaine lutte aux sommets des frères ennemis. C’est lors de la saison 98/99, où les deux « dream team » explosent les records de points et se livrent un mano à mano d’anthologie. Un départ canon des deux équipes, et déjà une opposition en tête du championnat dès la 6e journée. Le match ce joue au Vélodrome. Marseille mène 2-1, quand à la dernière minute Kaba Diawara (l’inévitable) égalise. Bordeaux ramène un point précieux.
Et pour la énième fois c’est encore à Lescure que le plus beau match de la saison se déroule.(un peu de chauvinisme ne fait pas de mal).
Retour sur le plus grand des Bordeaux – Marseille :
Nous somme en janvier 1999, le 29 plus précisément . L’emblématique Claude Bez vient de décéder 3 jours plus tôt. Et comme un parfait hommage à sa mémoire, les Girondins déploieront ce soir là leur plus beau football pour mettre à mal les Marseillais. Et on peut dire que ce fut réussi. Dès la 14e Wiltord ouvre le score, 3 minutes plus tard Micoud doublera la mise, puis 3-0 à la 20ème but de Laslandes après un superbe mouvement collectif et un 4e à la demi-heure de jeu, doublé de Wiltord. L’OM prend un bouillon monumental et la réduction de l’écart (et pas du score, sinon on se fait taper sur les doigts par Jean Michel Larqué) signée Dugarry n’y changera rien. Bordeaux vient d’humilier l’OM, en jouant un football de rêve et de frapper un grand coup. Malgré cette lourde défaite, l’OM ne tombera pas dans le trou, puisqu’il faudra attendre la dernière journée pour départager les deux « acolytes ». Nous n’allons pas refaire l’histoire, vous la connaissez … à la dernière minute Pascal Feindouno (le regretté) glisse le ballon entre les jambes de Lama. Le banc bordelais exulte.
Les Girondins de Bordeaux sont champion de France pour la 5e fois de leur histoire grâce à une vitcoire 3-2 à Paris. Et comme tout bon marseillais qui se respecte, Roland Courbis, alors entraineur de l’OM, criera au complot entre Paris et Bordeaux. Peut être avait il raison ... ou pas . Re-belotte en 2009. 10 ans sont passés depuis la dernière lutte pour le titre. Lyon reste sur 7 titres de champion, Bordelais et Marseillais veulent mettre fin au règne Lyonnais. Et c’est donc encore pour le titre que vont s’affronter les deux rivaux éternels. La saison est dominée par Lyon, mais en fin de championnat Marseille prend le pouvoir. Il faut attendre seulement 3 journées avant la fin de la saison pour voir Bordeaux passer devant Marseille, battue par … Lyon à domicile. Cette fois ci le titre ne ce jouera pas lors des confrontations directes (l’OM ne perdra pas cette saison contre Bordeaux prenant 4 points sur 6).
Mais comme il y a 10 ans c’est à l’ultime journée que se jouera le titre. Les Girondins ne se feront pas prier, une nouvelle victoire, la 11e consécutive, avec un but de Gouffran (une fois n’est pas coutume) les amènera sur le trône de la Ligue 1. Bordeaux mène 3-1 pour les duels en tête du championnat.
« Oh, Diawara ! »
Après avoir déclaré à de nombreuses reprises son amour des Girondins et le dégout qu’il éprouvait envers Marseille, Souleymane Diawara, acteur majeur du renouveau bordelais quitte la Garonne pour les Bouches du Rhône. Une véritable trahison pour les supporters marine & blanc, qui ne servira qu’à mettre un peu plus d’huile sur le feu entre les supporters des deux camps. A Marseille, lors du match aller, des bus de supporters bordelais se feront caillasser, la tension entre les supporters des deux clubs monte encore d’un cran. Sur le terrain Bordeaux écrase la ligue 1 et l’Europe durant les 6 premiers mois, puis dégringole les 6 suivants, au contraire de Marseille qui connaitra un parcours inverse en Ligue 1.
Mais la vrai croisée des chemins se jouera au Stade de France pour la finale de la Coupe de la Ligue. L’entraîneur de Bordeaux, Laurent Blanc veut prendre le risque de mettre sa grosse équipe, à quelques jours d’un ¼ de finale de Ligue des Champions … dommage pour lui, Bordeaux tombe sur un OM gonflé à bloc et victorieux 3-1. Et comme un double coup de poignard pour les Girondins c’est Diawara qui marquera le premier but de la partie.
Les ciels et blancs remporteront cette finale et cette Coupe de la Ligue grâce à laquelle Marseille se sent enfin bien dans ses chaussettes (17 ans sans titre, on les comprend) … Fort de cette victoire, les Marseillais partent à la chasse de Bordeaux, et obtiendront sa peau en remportant le titre tant désiré. Voilà où nous en somme aujourd’hui, Marseille est champion en titre, et vient à Bordeaux avec l’espoir de ramener 3 points de Chaban, chose qui ne lui est plus arrivé depuis 34 ans. A nous, amis Bordelais de montrer aux yeux du monde (et surtout aux yeux de la France) que Bordeaux-Marseille n’est pas un match comme les autres, et même qu’il s’agit du plus gros match de la saison, celui qu’on regarde en premier dans le calendrier. Sur les confrontations directes en championnat Bordeaux bat Marseille ( 34 victoires à 30) et encore plus à Bordeaux ( 29 à 4). A nous de pousser Bordeaux vers la victoire et de montrer ce qu’est LE classique du championnat de France ! TOP 3 des plus grands Bordeaux-Marseille de ces dernières années:
NUMBER 1 : 1998/1999 : 4-1 ; la démonstration Bordelaise en vidéo
NUMBER 2 : 2004/2005 : 3-3 ;
Dernière journée de la saison 2004/2005, après un championnat calamiteux Bordeaux a besoin d’un point pour se maintenir en Ligue 1. C’est l’union sacrée à Chaban Delmas, l’ambiance est folle ! Lilian Laslandes ouvre le score en mettant la tête sur un centre où peu de joueurs auraient mis le pied, mais Marseile renverse la tendance grâce à Luyidula et Fiorèse. 2-1 pour les visiteurs à la pause, Bordeaux est virtuellement en Ligue 2. Au retour des vestiaires, les Marine et Blanc sont révoltés. Meriem transforme un penalty obtenu par Chamakh avant que Juan Pablo Francia d’une frappe de 25 mètres en lucarne ne marque le but du maintien. Marseille décrochera finalement un nul sur un penalty généreusement accordé dans le temps additionnel et tiré par Luyindula.
NUMBER 3 : 2002/2003 : 3-1 ;
Savio fait le show Auteur d’une saison de transition, le FCGB sort son match référence contre le rival de toujours (qui aligne une attaque Lamine Sakho-Cyril Chapuis à faire pleurer –de rire ou de tristesse selon le camp dans lequel on se trouve-). La première mi temps est tendue, mais la deuxième est un vrai récital. Bordeaux marque 2 buts en 5 minutes par l’intermédiaire de Feindouno et Darcheville. La domination bordelaise est nette, le collectif aquitain se transcende. Savio en fait voir de toutes les couleurs à la défense des ciel et blanc. Mais à la 88ème Van Buyten de la tête ravive l’espoir côté marseillais et sème le doute dans le camp girondin. Doute vite levé par le virevoltant Brésilien Savio, prêté par le Real Madrid Cette saison là, qui s’en va porter l’estocade à la défense marseillaise prenant de vitesse Leboeuf et allant marquer le but du 3-1 sur l’ultime action du match.
DEUXIEME PARTIE : BORDEAUX – MARSEILLE : L’HISTOIRE D’UNE RIVALITE
« Une lutte loyale »
Tout d’abord replaçons les choses dans leur contexte. Bordeaux et Marseille sont deux clubs très anciens qui comptabilisent 15 titres de champions a eux deux, (9 pour l’OM et 6 pour les Girondins),des coupes de France à la pelle, 13 au total ( 10 coté phocéens, 3 coté girondins) des centaines de matches Européen Marseille. Bref, l’OM et Bordeaux sont incontestablement deux poids lourds du football hexagonal. La première rencontre à enjeux entre Bordelais et Marseillais a lieu pour la finale de Coupe de France 1943 au stade de Colombes en région parisienne.
Et déjà des petites histoires entre amis commencent. Sur le terrain le match se termine à 2-2, et comme le veut le règlement de l’époque, le match est à rejouer. Mais au cours de ce match les Bordelais on aligné un joueur qui n’aurait jamais du entrer sur la pelouse. Résultat le match aurait du être gagné sur tapis vert par les Phocéens. Sauf, que le Ministre des Sports de l’époque, le colonel Pasquot, ne l’entend pas de cette oreille et décide de maintenir le match à rejouer car pour lui " le sport est une lutte loyale (…) je ne peux admettre qu'il trouve ses décisions ailleurs que sur le terrain de jeu. Je crois que vous m'avez compris. Bonne chance!". Heureusement pour l’éthique (Dominique Rocheteau et sa fameuse Commission de l’ Éthique n’étaient pas encore là. Dommage) l’OM écrase les Girondins 4-0.
La prochaine rencontre à enjeux entre les deux faux jumeaux, a lieu 26 ans plus tard, en 1969, toujours pour la même chose : une finale de coupe de France. Et encore une fois une petite histoire des familles vient mettre le bazar dans ce match. Les Bordelais et en premier lieu leur capitaine, Guy Calleja, doutent de la régularité de la présence de certains joueurs Marseillais et notamment de celui qui battra Bordeaux à lui seul, l’attaquant Magnusson. Celui-ci cassera les reins des défenseurs aquitains durant tout le match et L’OM battra Bordeaux 2-0, remportant déjà sa 7e coupe de France. A cette époque, Marseille commence à devenir le chat noir de Bordeaux.
Le calme avant la tempête …
Pendant des années c’est le vide. Plus de rencontre alléchante à se mettre sous la dent durant presque 15 ans. C’était avant l’arrivé des deux plus charismatiques Président Français, Claude Bez pour Bordeaux et Bernard Tapie pour Marseille.
Claude Bez a une formation d’expert comptable et il est d’abord trésorier du club bordelais avant d’en devenir le dirigeant. Il arrive aux Girondins durant l’été 78. Son plan avec les girondins est simple, faire de Bordeaux le nouveau roi du championnat français. Pour cela, il va miser tout d’abord sur la construction d’un domaine sportif, la plaine des sports du Haillan. Dans son recrutement, Bez prendra beaucoup de joueurs en fin de contrat en leur offrant un gros salaire pour défendre les couleurs du club.
Bernard Tapie lui, est un vrai homme d’affaire, il réussi déjà pleinement sa vie avant d’être a la tête de l’Olympique de Marseille, notamment dans le cyclisme (il dirige l’équipe de Bernard Hinault vainqueur des tours de France 85 & 86), il sera par la suite directeur d’Adidas. Tapie voudra non seulement faire de l’OM les rois de France mais aussi les maîtres de l’’Europe… Son plan à lui est très simple également, acheter, acheter beaucoup même, joueurs comme entraineurs. Quand Claude Bez arrive à la présidence du club Aquitain en 1978, la popularité, l’engouement autour du club sont au plus bas à Bordeaux. Et c’est d’ailleurs ce que lui dira l’entraîneur Aimé Jacquet quand Bez lui indiquera sa façon de reconstruire le FC Girondins de Bordeaux, « On y arrivera jamais » affirma Jacquet. Mais comme partout ce sont les victoires qui font venir les gens au stade, or quand Bez arrive, les Girondins n’ont plus rien remporté depuis 28 ans… Bernard Tapie arrive lui en 1986 sur le trône du club Phocéen. L’Olympique de Marseille reste sur une descente en deuxième division 6 ans plus tôt et sur une liquidation judiciaire l’année suivante. C’est le vide total à Marseille qui a du vendre toutes ses stars, et ne garder que les « minots » pour s’en sortir.
Bordeaux a donc une avance considérable sur l’OM au moment du rachat du club par Tapie, car en 84, Bez et Bordeaux remportent leur premier trophée (en l’occurrence le titre de champions de France), le premier depuis 34ans pour Bordeaux !! L’année suivante Bordeaux restera sur sa lancée et glanera un nouveau titre de Champion de France. En 1986, la rivalité Bordeaux-Marseille prend donc une autre tournure. Bordeaux est au sommet de la première Division, et Bez ne voit pas d’un bon œil le fait que Tapie prenne de plus en plus d’importance. Ce sera juste avant la finale de Coupe de France de cette année 1986 entre Bordeaux et Marseille que les premières déclarations vont fuser. Bez critiquera ouvertement Tapie, le qualifiant d’ « escroc » et de « charlatan », pour avoir approché son joueur Jean Tigana dans le dos des Girondins juste avant la finale. Coté terrain, les Girondins, favoris, se font accrocher par de surprenants Marseillais. A la fin du temps réglementaire le score est de 1-1, but de Diallo pour l’OM et égalisation de Tigana pour Bordeaux. On joue la 117e minute quand Giresse reprend un centre, contrôle et met une merveille de lob qui bat le gardien Olympien. Polémique encore, l’OM cri au scandale car sur l’action du but, l’arbitre central n’a pas sifflé une faute, pourtant signalée par son assistant. Bordeaux remporte son premier gros match contre Marseille. Bez- Tapie : 1-0.
« Il n’est plus fait pour le football »
Coup de massue sur le championnat Français durant l’été 86. Au retour de la Coupe du Monde, Alain Giresse le Girondin, l’enfant du pays, fait ses valises et quitte le navire Bordelais pour rejoindre… Marseille ! Un véritable coup de poignard pour Claude Bez qui déclare aigri, « Giresse n’est plus fait pour le football, c’est un joueur fini. Personne ne le regrettera ici » Bez 1 Tapie 1.
Le championnat 86-87 a comme un air de match de boxe, seulement deux équipes, Bordeaux et Marseille vont lutter pour le titre, avec les deux drôles de « chefs cuisiniers» à leur tête. C’est donc un mano à mano très pimenté entre Bordelais et Marseillais qui se produira tout le long du championnat, avec des épisodes très croustillants au cours de l’année. Notamment lors du match retour à Bordeaux. C’est la première fois que Giresse revient à Lescure. Et le moins qu’on puisse dire c’est que Bordeaux a mis en place un vrai plan « anti-Giresse ». Le président bordelais a même enlevé la photo de Gigi dans le magazine d’avant match pour la remplacer par un point d’interrogation … Après seulement 22 minutes, le Bucheron Allemand des Girondins Gernot Rohr tacle très durement Giresse. Expulsion, Bordeaux joue à dix, mais plus pour longtemps car juste avant la mi-temps, Diallo ce fait expulser coté Marseillais. Bordeaux remporte le match 3-0 et part récupérer « sa » couronne perdue l’année d’avant au profit du PSG. Bez 2 Tapie 1.
Une fois n’est pas coutume, lors de cette même année la finale de la Coupe de France 87, va encore opposer… Bordeaux et Marseille. Le climat est tendu, en témoigne la déclaration du Président Bez après le match qui dira « être déçu pour le journal l’Equipe, qui à tout monté en épingle pour que le climat soit délétère ». Sur la pelouse, le match est moins compliqué pour les Girondins qu’un an auparavant. Et même si les marseillais ratent un penalty, Bordeaux remporte cette finale aisément 2-0, avec un Tigana hors-norme. Toujours interrogé par un journaliste, qui lui demanda après la victoire si il ira saluer le président adverse, Claude Bez déclare, « Non ! bien sur que non ! » Bez 3 Tapie 1.
Mais paradoxalement cette victoire marque comme le début de la fin pour les Girondins sous l’ère Bez, et le « début du début » pour l’OM de Tapie. Deux petites années de transition passent. En 88, Monaco succède aux Girondins, qui finissent 2e tout de même, puis en 89 c’est Marseille qui remporte son premier titre sous l’ère Tapis, Bordeaux finira dans le ventre mou cette année là. Bez 3 Tapis 2
C’est bien l’année suivante que les deux poids lourds des années 80 vont une nouvelle fois lutter pour le titre. Claude Bez prévient d’entrée : « on ira à Marseille avec 7 ou 8 points d’avance ». Au match aller les Bordelais gagnent 3-0, au match retour Claude Bez arrive à Marseille à bord d’une Cadillac noire immatriculé 33. Et pour encore plus montrer sa domination, il se fait ouvrir les portes de la tribune présidentielle pour aller s’assoir à sa place. Une Humiliation pour Tapie. Bez 4 Tapie 2.
Malheureusement pour Bez, l’OM remporte ce match 2-0, un doublé de Waddle, pourtant moqué par l’entraineur Bordelais, Raymond Goethals, quelque mois plus tôt. La passation de pouvoir est faite, l’OM remporte le championnat et la Coupe France cette année là. Bez 4 Tapie 3
S’en suit une véritable descente aux enfers pour les Girondins de Bordeaux, le club a un déficit de plus de 300 millions de Francs. Le club est rétrogradé administrativement en deuxième division. Bez passera par la case prison pour s’être gardé quelques millions dans les poches. Et pendant que l’un chute, l’autre grimpe. Et grimpe même très haut puisque l’OM ira toucher les sommets en remportant la Ligue des Champions en 1993. Là où Bez s’est arrêté en demie finale (défaite en 85 face à la Juventus), Tapie lui va au bout. Bez 4 Tapie 4
Et comme l’un ne fait rien sans l’autre, Tapie aussi passera lui aussi par la case prison pour corruption après l’affaire VA-OM en 1993. Une descente en deuxième division également pour l’Olympique de Marseille, cette descente viendra clôturer la fin de la domination Bordeaux- OM des années 80-90.
Il faudra 10 ans aux deux clubs pour s’en remettre, et les revoir s’affronter au sommet du championnat Français.
L’année des records
9 ans s’écoulent donc, avant la prochaine lutte aux sommets des frères ennemis. C’est lors de la saison 98/99, où les deux « dream team » explosent les records de points et se livrent un mano à mano d’anthologie. Un départ canon des deux équipes, et déjà une opposition en tête du championnat dès la 6e journée. Le match ce joue au Vélodrome. Marseille mène 2-1, quand à la dernière minute Kaba Diawara (l’inévitable) égalise. Bordeaux ramène un point précieux.
Et pour la énième fois c’est encore à Lescure que le plus beau match de la saison se déroule.(un peu de chauvinisme ne fait pas de mal).
Retour sur le plus grand des Bordeaux – Marseille :
Nous somme en janvier 1999, le 29 plus précisément . L’emblématique Claude Bez vient de décéder 3 jours plus tôt. Et comme un parfait hommage à sa mémoire, les Girondins déploieront ce soir là leur plus beau football pour mettre à mal les Marseillais. Et on peut dire que ce fut réussi. Dès la 14e Wiltord ouvre le score, 3 minutes plus tard Micoud doublera la mise, puis 3-0 à la 20ème but de Laslandes après un superbe mouvement collectif et un 4e à la demi-heure de jeu, doublé de Wiltord. L’OM prend un bouillon monumental et la réduction de l’écart (et pas du score, sinon on se fait taper sur les doigts par Jean Michel Larqué) signée Dugarry n’y changera rien. Bordeaux vient d’humilier l’OM, en jouant un football de rêve et de frapper un grand coup. Malgré cette lourde défaite, l’OM ne tombera pas dans le trou, puisqu’il faudra attendre la dernière journée pour départager les deux « acolytes ». Nous n’allons pas refaire l’histoire, vous la connaissez … à la dernière minute Pascal Feindouno (le regretté) glisse le ballon entre les jambes de Lama. Le banc bordelais exulte.
Les Girondins de Bordeaux sont champion de France pour la 5e fois de leur histoire grâce à une vitcoire 3-2 à Paris. Et comme tout bon marseillais qui se respecte, Roland Courbis, alors entraineur de l’OM, criera au complot entre Paris et Bordeaux. Peut être avait il raison ... ou pas . Re-belotte en 2009. 10 ans sont passés depuis la dernière lutte pour le titre. Lyon reste sur 7 titres de champion, Bordelais et Marseillais veulent mettre fin au règne Lyonnais. Et c’est donc encore pour le titre que vont s’affronter les deux rivaux éternels. La saison est dominée par Lyon, mais en fin de championnat Marseille prend le pouvoir. Il faut attendre seulement 3 journées avant la fin de la saison pour voir Bordeaux passer devant Marseille, battue par … Lyon à domicile. Cette fois ci le titre ne ce jouera pas lors des confrontations directes (l’OM ne perdra pas cette saison contre Bordeaux prenant 4 points sur 6).
Mais comme il y a 10 ans c’est à l’ultime journée que se jouera le titre. Les Girondins ne se feront pas prier, une nouvelle victoire, la 11e consécutive, avec un but de Gouffran (une fois n’est pas coutume) les amènera sur le trône de la Ligue 1. Bordeaux mène 3-1 pour les duels en tête du championnat.
« Oh, Diawara ! »
Après avoir déclaré à de nombreuses reprises son amour des Girondins et le dégout qu’il éprouvait envers Marseille, Souleymane Diawara, acteur majeur du renouveau bordelais quitte la Garonne pour les Bouches du Rhône. Une véritable trahison pour les supporters marine & blanc, qui ne servira qu’à mettre un peu plus d’huile sur le feu entre les supporters des deux camps. A Marseille, lors du match aller, des bus de supporters bordelais se feront caillasser, la tension entre les supporters des deux clubs monte encore d’un cran. Sur le terrain Bordeaux écrase la ligue 1 et l’Europe durant les 6 premiers mois, puis dégringole les 6 suivants, au contraire de Marseille qui connaitra un parcours inverse en Ligue 1.
Mais la vrai croisée des chemins se jouera au Stade de France pour la finale de la Coupe de la Ligue. L’entraîneur de Bordeaux, Laurent Blanc veut prendre le risque de mettre sa grosse équipe, à quelques jours d’un ¼ de finale de Ligue des Champions … dommage pour lui, Bordeaux tombe sur un OM gonflé à bloc et victorieux 3-1. Et comme un double coup de poignard pour les Girondins c’est Diawara qui marquera le premier but de la partie.
Les ciels et blancs remporteront cette finale et cette Coupe de la Ligue grâce à laquelle Marseille se sent enfin bien dans ses chaussettes (17 ans sans titre, on les comprend) … Fort de cette victoire, les Marseillais partent à la chasse de Bordeaux, et obtiendront sa peau en remportant le titre tant désiré. Voilà où nous en somme aujourd’hui, Marseille est champion en titre, et vient à Bordeaux avec l’espoir de ramener 3 points de Chaban, chose qui ne lui est plus arrivé depuis 34 ans. A nous, amis Bordelais de montrer aux yeux du monde (et surtout aux yeux de la France) que Bordeaux-Marseille n’est pas un match comme les autres, et même qu’il s’agit du plus gros match de la saison, celui qu’on regarde en premier dans le calendrier. Sur les confrontations directes en championnat Bordeaux bat Marseille ( 34 victoires à 30) et encore plus à Bordeaux ( 29 à 4). A nous de pousser Bordeaux vers la victoire et de montrer ce qu’est LE classique du championnat de France ! TOP 3 des plus grands Bordeaux-Marseille de ces dernières années:
NUMBER 1 : 1998/1999 : 4-1 ; la démonstration Bordelaise en vidéo
NUMBER 2 : 2004/2005 : 3-3 ;
Dernière journée de la saison 2004/2005, après un championnat calamiteux Bordeaux a besoin d’un point pour se maintenir en Ligue 1. C’est l’union sacrée à Chaban Delmas, l’ambiance est folle ! Lilian Laslandes ouvre le score en mettant la tête sur un centre où peu de joueurs auraient mis le pied, mais Marseile renverse la tendance grâce à Luyidula et Fiorèse. 2-1 pour les visiteurs à la pause, Bordeaux est virtuellement en Ligue 2. Au retour des vestiaires, les Marine et Blanc sont révoltés. Meriem transforme un penalty obtenu par Chamakh avant que Juan Pablo Francia d’une frappe de 25 mètres en lucarne ne marque le but du maintien. Marseille décrochera finalement un nul sur un penalty généreusement accordé dans le temps additionnel et tiré par Luyindula.
NUMBER 3 : 2002/2003 : 3-1 ;
Savio fait le show Auteur d’une saison de transition, le FCGB sort son match référence contre le rival de toujours (qui aligne une attaque Lamine Sakho-Cyril Chapuis à faire pleurer –de rire ou de tristesse selon le camp dans lequel on se trouve-). La première mi temps est tendue, mais la deuxième est un vrai récital. Bordeaux marque 2 buts en 5 minutes par l’intermédiaire de Feindouno et Darcheville. La domination bordelaise est nette, le collectif aquitain se transcende. Savio en fait voir de toutes les couleurs à la défense des ciel et blanc. Mais à la 88ème Van Buyten de la tête ravive l’espoir côté marseillais et sème le doute dans le camp girondin. Doute vite levé par le virevoltant Brésilien Savio, prêté par le Real Madrid Cette saison là, qui s’en va porter l’estocade à la défense marseillaise prenant de vitesse Leboeuf et allant marquer le but du 3-1 sur l’ultime action du match.
Aymeric, Loic

